Polémique "Ni juge ni soumise": 14 juges d'instruction écrivent à Luc Hennart

Quatorze juges d'instruction bruxellois ont envoyé une lettre commune, plutôt musclée, au président du tribunal de première instance de Bruxelles, Luc Hennart, au sujet de la polémique née autour du documentaire "Ni juge ni soumise" de Jean Libon et Yves Hinant, annonce mardi La Libre Belgique sur son site internet. Dans ce courrier, les signataires dénoncent la façon dont il a traité leur collègue Anne Gruwez, figure centrale du film, et surtout le ton qu'il a employé à son égard.

Alors que "Ni juge ni soumise" est nommé dans la catégorie "Meilleur documentaire" aux Magritte mais aussi aux César, Anne Gruwez s'est vu interdire, par Luc Hennart, de s'exprimer publiquement sur le film depuis avril 2018 et aussi de participer aux deux cérémonies. La juge d'instruction a pris un avocat pour défendre ses intérêts.

La manière de faire de Luc Hennart est loin de plaire à tout le monde. "Ce qui nous interpelle, c'est le ton très dur de votre intervention publique, votre décision unilatérale apparaissant comme une forme de censure contraire au respect de la vie privée de notre collègue", pointent les quatorze juges d'instruction bruxellois, dont le message est relayé par La Libre Belgique. "D'autres propos ont été tenus, à savoir que Madame Gruwez vous fait l'effet 'd'un singe sur un orgue de barbarie'. Nous ne pouvons que manifester notre étonnement courroucé à l'égard de ce qui apparaît comme une injure destinée à blesser la personne concernée, d'autant qu'elle est adressée par le chef de corps de notre tribunal, ce qui en décuple l'effet".

Si les signataires reconnaissent à Luc Hennart la qualité de son combat contre les "coups de boutoir assénés par un ministre de la Justice résolu à nous fonctionnariser", ils considèrent qu'à l'heure où la justice connaît des moments difficiles et où le pouvoir judiciaire "est attaqué de tous côtés par l'exécutif qui cherche à diminuer son indépendance", la "mise en pâture dans le public de dissensions internes met en péril (leur) cohésion".

Journaliste télévisé 22/01/2019

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