Poids lourds et cyclistes: attention à l'angle mort

À Bruxelles, deux cyclistes ont été renversés par des camions ces derniers jours. Voilà qui pose la question de la cohabitation entre les usagers faibles et les poids lourds en ville. Avec notamment cette question : comment réduire l’angle mort, responsable de nombreux accidents ? Une petite manifestation avait lieu cet après-midi à St-Gilles.

Une rue bloquée, un corps dessiné par terre, ces habitants de St-Gilles ont manifesté symboliquement cet après-midi, après qu’un camion ait renversé une cycliste il y a quelques jours. "Le camion voulait tourner dans cette rue et la cycliste voulait aller tout droit. Elle s’est fait renverser et traîner sur plusieurs mètres, détaille Sophie Feyder du collectif 1060-0. Le chauffeur du camion ne s’est même pas rendu compte qu’il y avait une cycliste sous ses roues. Il a fallu vingt à trente mètres avant qu’il ne s’arrête, interpellé par des passants", raconte-t-elle.

L'angle mort, véritable fléau

Cet accident, il a une cause bien définie : l’angle mort, zone où la visibilité est réduite, voire nulle. Dans les camions, elle est encore plus étendue que dans les voitures. "Pour les cyclistes, l’angle mort se trouve à droite de la cabine du camion, explique Michael Reul, directeur de l’Union du Transport et de la Logistique (UPTR). Trois rétroviseurs permettent au chauffeur de voir, à condition qu’il regarde au bon endroit et au bon moment. Mais il doit également regarder devant lui, et la problématique est que l’on ne sait pas regarder partout simultanément."

C’est ce qui explique l’arrivée d’une campagne d’autocollants, supposés mettre en garde les cyclistes contre ce fameux angle mort. Mais pour éviter cette cohabitation dangereuse entre camions et usagers faibles, certains rêvent de diminuer la présence des poids lourds en ville. Ne pourrait-on toutefois pas miser sur un meilleur équipement des camions ? "On peut imaginer des portes plus transparentes, mais cela ne règle pas tout. On a aussi imaginé un système sonore, mais il y a tellement de bruit dans un camion et dans une ville qu’il est souvent déjà trop tard quand on se rend compte du problème", regrette Michael Reul.

Il n’y a donc pas de solution miracle. Rien ne vaut un échange de regard pour s’assurer que l’on a été vu. Et pour cela, le phare et la chasuble s’imposent, car pour être vu, il convient d’être bien visible.

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