Plus de 300 propriétaires wallons engagés dans le projet "Forêt résiliente"

Pas moins de 336 propriétaires forestiers privés et publics wallons se sont engagés dans le projet "Forêt résiliente", a annoncé mercredi la ministre wallonne de l’Environnement et de la Forêt, Céline Tellier (Ecolo), dans le cadre d’une visite de parcelles à Namur.

Une enveloppe de trois millions d’euros a été débloquée par la Wallonie en 2021 pour ce projet qui vise à régénérer des parcelles forestières ravagées par les scolytes, la chalarose et d’autres maladies : "La forêt représente 30% du territoire wallon et 60% des essences qui peuplent nos forêts montrent déjà des signes de faiblesse face aux effets des changements climatiques. Il est donc urgent d’adapter nos pratiques forestières à ces enjeux. C’est essentiel aussi pour la survie économique de cette filière", a-t-elle expliqué.

Depuis le lancement de l’action en avril dernier, ce sont 1350 hectares de forêts qui sont en phase de régénération, soit l’équivalent de 1900 terrains de football : "A l’heure du lancement des discussions internationales sur la biodiversité lors de la Conférence des parties (COP15), je me réjouis des premiers résultats de ce projet pilote", a déclaré mardi Céline Tellier. "Six mois après son lancement, le bilan est plus qu’encourageant avec un nombre important de propriétaires forestiers qui ont répondu à l’appel.", s’est enthousiasmée la ministre.

Au total, 229 propriétaires privés et 107 propriétaires publics sont concernés. Ils ont pu disposer d’aides sous différentes formes : un forfait de base de 2000 euros par hectare, un forfait essences biogènes de 2500 euros par hectare ou un forfait biodiversité de 3000 euros par hectare.

Régénérer au plus proche d’un reboisement naturel mais productif

Les espèces choisies pour régénérer les parcelles varient en fonction des conditions locales. On trouve principalement des essences traditionnelles telles le chêne sessile, le hêtre ou le douglas. Certains propriétaires ont également introduit des espèces moins communes comme l’alisier torminal ou le tilleul à petites feuilles, délaissant par la même occasion les grandes monocultures.

Ce sont l’asbl Forêt Nature et la Société Royale Forestière de Belgique qui sont chargées d’encadrer les propriétaires privés, l’octroi des primes ayant été confié à l’Office économique wallon du Bois. Pour les forêts publiques, c’est le Département de la Nature et des Forêts qui a remis au gouvernement wallon une sélection de projets pour validation. Parmi ceux-ci, la commune de Namur a obtenu un financement pour des parcelles récemment mises à blanc suite à des attaques de scolytes dans le bois de Dave : "Pour la Ville de Namur, cet appel à projets est une opportunité unique de tester les grandes orientations approuvées dans le cadre de notre futur plan d’aménagement forestier, dont l’objectif est d’assurer la durabilité des forêts et d’y favoriser la biodiversité", a également souligné Charlotte Mouget (Ecolo), échevine de la Transition écologique de la capitale wallonne.

Dans le cadre du plan de relance de la Wallonie, un nouvel appel à projets devrait être lancé au printemps 2022 avec cette fois un budget de cinq millions d’euros.

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