Plus de 10.000 morts du coronavirus en Belgique: Etienne avait 51 ans, "La vie continue sans lui. Ce n'est pas un deuil normal"

Etienne Crespel
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Le virus Sars-CoV-2 a causé la mort d'au moins 10.001 personnes en Belgique depuis le début de la pandémie. Des chiffres derrière lesquels il y a des réalités souvent douloureuses, car les deuils de ces morts du coronavirus n'ont pas pu se faire comme il l'aurait fallu.

Etienne Crespel venait d'avoir 51 ans. Il travaillait comme agent de sécurité sur le site de la RTBF à Mons. Un bon vivant qui faisait du vélo, jouait au billard et ne fumait pas. En mars dernier, il a attrapé le coronavirus. Il est resté une semaine chez lui et puis, il rentre à l'hôpital le 24 mars. Il manquait d'oxygène. Soulagé d'être pris en charge, il appelle sa compagne en lui disant que cela devrait aller mieux avec le masque.

C'est la dernière fois que Nathalie l'entendra : "On s'est dit au revoir, à demain…". Le soir, il était plongé dans le coma. Il ne se réveillera jamais. Il restera une semaine à Hornu, puis sera transféré à Erasme où il est tombé dans un état critique durant deux semaines : "Je lui parlais via la tablette, mais je ne savais pas s'il m'entendait." Etienne est décédé le 12 avril.

Ce n'est pas un deuil facile

Etienne et Nathalie s'étaient rencontrés il y a dix ans.  Ils devaient fêter leur anniversaire à l'occasion du Doudou à Mons. Quatre mois après sa disparition, l'absence est immense pour Nathalie. "Je pleure beaucoup. Je ne dors pas. Il est au cœur de mes conversations." Faire son deuil : pas si simple : "Les conditions sont si particulières… On se sent seule."

Les visites ne sont pas autorisées. Nathalie n'a vu le cercueil que le jour de l'enterrement avec la dizaine de personnes présentes. "Certains de ses amis du billard ont assisté à l'enterrement… de loin, derrière le mur du cimetière...", raconte Nathalie.


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Elle est aussi tombée malade, le jour où Etienne est rentré à l'hôpital. Testée positive au Covid-19 : "Je ne pouvais voir personne. Seule ma fille m'apportait mes courses." Aujourd'hui, Nathalie commence à revoir des amis : "Je ne m'attendais pas à autant de soutien. Cela fait du bien. Je n'ai pas de réponse à toutes mes questions, mais doucement, il faut que la vie continue".

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