Plongée dans un monde rétro-futuriste avec le steampunk

Ils s'inspirent directement du monde de Jules Verne ou des inventions avant-gardistes de Léonard de Vinci. Ils, ce sont les steampunks, la contraction anglaise de vapeur ("steam") et punk. Un mot qui représente la collision entre l'ère victorienne d'un Londres du 19ième siècle et le côté déjanté, anarchique d'un futur fantasmé. Plusieurs centaines d'entre eux se sont rassemblés au Pass de Frameries pour se plonger dans ce monde parallèle.

"Tout part de ce qu'on appelle un uchronisme, une réalité alternative basée sur un seul aspect de notre passé qui a tout changé, décrit Lord Tobias, aka Armand. C'est comme si le monde que nous connaissons vivait un futur totalement différent car nous n'avons jamais réussi à utiliser le pétrole, inventé le plastique". Dans ce monde, la technologie s'articule autour de rouages géants, de machines à vapeur et d'armes imaginaires, une projection sur une autre ligne du temps. 

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Tout est créé pour représenter un monde alternatif où les armes rivalisent d'originalité avec les costumes. © Tous droits réservés

Rêves, costumes et codes définis

La vapeur, la force motrice au centre du steampunk. Tout y fonctionne de la voiture à l'ordinateur. Le steampunk c'est le monde imaginé et exploité par des auteurs comme Herbert George Wells (et Jules Verne donc) mais aussi visité régulièrement par les réalisateurs de cinéma. Pensez aux Sherlock Holmes de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr. ou encore Wild Wild West avec Will Smith, les exemples ne manquent pas. A chaque fois ce même esprit rétro-futuriste punk et des personnages hauts en couleurs: "C'est une question d'esthétique je pense, soutient Mortimer Pinkleton qui refuse de donner son véritable nom. Les gens sont séduits par cet univers et chacun se crée son propre personnage alternative et peuvent être ce qu'ils veulent. Alchimiste, brigand ou pirate, les gens s'évadent à travers un alter-égo".

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Les codes changent. Dans le steampunk, on provoque des duels mais des duels de biscuits et de thé ou alors de parapluies. © Tous droits réservés

Des biscuits et du thé plutôt que des flingues

Un monde alternatif et codé. Dans cette convention steampunk, on organise des duels. Mais pas n'importe lesquels. Pas de pistolets, pas de mise à mort impressionnante et violente mais plutôt un duel de biscuits trempés dans du thé: "C'est basé sur le même rituel que les duels du 19ième siècle mais ici vous trempez votre biscuit qui ramollit et avant qu'il ne s'écroule sur lui-même vous devez le manger, explique Valentin Lambert, juge-arbitre de cette discipline très "officielle". Celui qui met en bouche le biscuit en dernier remporte la manche. Cette façon de faire illustre le côté décalé du steampunk. On fait toujours les choses sérieusement, avec la rigueur nécessaire mais l'esprit d'amusement, de second degré restent fondamentaux".

C'est donc cela le steampunk: l'accident, le télescopage d'une projection futuriste combinée à un regard scotché dans le passé. L'investissement personnel dans la confection de costumes ou l'élaboration d'histoires personnelles précises mais avec cette capacité à ne pas prendre tout cela trop au sérieux. Un invitation au voyage, même imaginaire.

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