Plans manquants à Tihange: "L'armature n'était pas du tout placée correctement"

La construction de Tihange 3, qui remonte à 1985, s'est faite selon des plans très précis... Mais, dans le bunker, ces plans n'ont pas été respectés. Ce bâtiment contenant des équipements nécessaires à la sûreté en cas d'accident présente un vice de construction. Un problème découvert lors d'un contrôle.

"L'armature n'était pas du tout placée correctement, affirme Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo à la Chambre, au micro de la RTBF. Là ils se sont dit : 'Il y a un vrai problème. Il faut arrêter tout de suite la centrale et on va regarder les plans'." Problème : ces plans, demandés par l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) à Engie-Electrabel, étaient introuvables.

En réalité des plans initiaux existent. Mais lors de la construction, il semble y avoir eu des changements. Et les schémas de détails qui permettent de mettre en lumière les modifications n'ont pas été réalisés. Pour Engie-Electrabel, pas de quoi s'inquiéter. La centrale a de toute façon été mise à l’arrêt et des expertises sont en cours.

Analyses en cours

"Nous avons décapé pour analyser la structure de ces armatures et de ces plafonds en béton. Nous allons maintenant procéder aux analyses et nous prendrons le temps qu'il faut pour le faire correctement et de la façon la plus scientifique possible", explique Anne-Sophie Hugé, porte-parole d'Engie-Electrabel.

Mais avec cette modification non répertoriée, une question se pose : qu'en est-il du reste du bâtiment ? Pour Damien Ernst, spécialiste des questions énergétiques à l'Université de Liège, "on peut très raisonnablement supposer que dans d'autres endroits de la centrale aussi ce qui a été construit ne correspond pas parfaitement à ce qui était écrit dans les plans. En tout cas ce qui va être très difficile pour Electrabel c'est de prouver qu'il n'y a pas de danger".

Des plans pas indispensables

L'AFCN confirme que, à l'époque de la construction, les anomalies n'ont pas été identifiées. Cependant, citée par l'agence Belga, l'agence assure que les plans en question ne sont pas indispensables pour la suite des opérations. 

"La seule chose qui compte pour nous est de savoir si la résistance du bâtiment est suffisante", déclare à l'agence Belga Erik Hulsbosch, directeur de la communication de l'AFCN. Nous ne donnerons notre feu vert au redémarrage (de Tihange 3) que si l'intégrité structurelle du bunker est suffisamment prouvée. L'AFCN ne se sent pas liée à un timing."

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