Place De Brouckère: le panneau publicitaire Coca-Cola est prié de dégager

Le panneau Coca-Cola qui surplombe la place De Brouckère depuis plus de 60 ans doit disparaître.
Le panneau Coca-Cola qui surplombe la place De Brouckère depuis plus de 60 ans doit disparaître. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le panneau Coca-Cola qui surplombe la place De Brouckère depuis plus de 60 ans doit disparaître. La Région ne renouvellera pas le permis d’urbanisme. Le secrétaire d’État Pascal Smet veut, de la sorte, ouvrir le débat sur la place de publicité dans le centre historique. La Ville de Bruxelles, qui loue l’emplacement au géant américain, se plaint, elle, du manque à gagner en cette période de crise.

Il semblait indéboulonnable depuis le temps qu’il trône au sommet de l’ancien hôtel continental, point d’orgue de la perspective des boulevards du centre. Le premier panneau Coca-Cola a été installé en 1954. Le dernier (un écran LED) date de 2011. Les Bruxellois que nous avons rencontrés sur la place ne vont pas le regretter. " Il n’aurait jamais dû le placer à cet endroit. Ça défigure ce beau bâtiment historique. C’est juste pour une question de pub et d’argent", explique cet habitant du quartier. Un peu loin, un autre renchérit : " clairement le bâtiment y gagnerait si on enlevait ce panneau. C’est assez laid ".

Il n’est pas intégré à son environnement

Alors que la Région devait se prononcer sur le renouvellement du permis d’urbanisme arrivé à échéance en septembre 2019, le fonctionnaire délégué émet un avis défavorable. Or cet avis est contraignant. Pascal Smet, le secrétaire d’État en charge de l’urbanisme soutient son administration et assume la décision : "on estime que l’impact de ce panneau publicitaire sur la place De Brouckère est trop important. Il n’est pas intégré à son environnement, il n’est pas en harmonie avec les bâtiments historiques qui l’entourent. C’est la raison pour laquelle on a refusé ce renouvellement. On veut éviter que ce panneau reste encore là pendant des années. Et je pense que c’est le bon moment d’ouvrir un débat avec la Ville de Bruxelles. Est-ce qu’on veut encore de la publicité à la place De Brouckère ? Si oui, sous quelle forme ? Plutôt un style vintage, nostalgique des années cinquante ou un autre style ? Où les placer, combien ? "

Un manque à gagner de près de 150.000 euros

La Ville de Bruxelles se dit ouverte au débat mais regrette cette décision unilatérale vu le manque à gagner dans ce contexte de crise sanitaire et économique. Elle loue l’emplacement 12.000 euros par mois au géant américain. Et cet argent va directement dans les caisses de sa régie foncière qui loue des logements et des commerces. "En tant qu’échevine de la régie, je trouve que la période est très mal choisie pour refuser de renouveler le permis", s’offusque Lydia Mutyebele. "Comme vous le savez peut-être, la régie a octroyé la gratuité des loyers du mois de novembre à toute une série de commerçants. L’argent de la multinationale Coca-Cola nous permet donc d’aider des petits commerçants bruxellois. Et là on nous enlève près de 150 mille euros".

La Ville espère une compensation de la Région. Mais elle ne doit pas trop compter dessus. "Si à chaque fois qu’on refuse un permis, on doit apporter une compensation à la partie qui l’a introduit, on ne s’en sort plus. Ça ne fonctionne pas comme ça", rétorque Pascal Smet.

Quoi qu’il en soit le débat ne fait que commencer. L’année prochaine, le permis de l’autre panneau publicitaire de la place De Brouckère (encore plus grand) installé sur le centre administratif de la Ville arrive, à son tour, à échéance.

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