Pétition en faveur d'une adolescente brûlée à Mons pour sorcellerie en 1671

Miniature d’un manuscrit allemand 1551 / ou 1555
Miniature d’un manuscrit allemand 1551 / ou 1555 - © Tous droits réservés

1671. Marguerite Tiste est jugée pour sorcellerie. Elle est condamnée à être étranglée puis brûlée. Aujourd’hui, des citoyens lancent une pétition adressée aux autorités de la Ville de Mons. Ils demandent la réhabilitation de Marguerite.

Des procès pour sorcellerie, il y en a eu beaucoup en Europe pendant de nombreux siècles. Mais Marguerite Tiste est une des dernières personnes exécutées à Mons pour avoir eu des relations avec le diable. Elle a été étranglée et brûlée en 1671. Montois d'adoption, Charles Henneghien est photographe et auteur de nombreux ouvrages relatifs notamment à l’art, à l’histoire et aux traditions populaires. Il a été choqué par l'histoire de cette très jeune fille : "Elle avait 14 ans ou 16 ans… A cette époque on ne connaissait pas toujours précisément son âge. En lisant les minutes du procès, on se rend compte que c’est une pauvre fille, complétement paumée, dépassée par ce qui lui arrive et avouant n’importe quoi. Sa condamnation est un scandale incroyable".

Cette affaire est révélatrice de la manière de rendre la justice dans l’Ancien régime. Il suffisait d’un ragot, de propos rapportés, d’une tache bizarre sur la peau pour conduire quelqu’un au bûcher.

Les avocats sensés défendre la jeune fille n’y mettent pas beaucoup de conviction. Ils semblent eux-mêmes croire à ces histories de relations avec le diable. Mais plus de trois siècles après les faits, pourquoi ressortir ce dossier en particulier, et surtout pourquoi demander une réhabilitation auprès des autorités communales? Charles Henneghien s’inspire de ce qui a été réalisé récemment ailleurs en Europe et en Belgique : "A Cologne, la municipalité a entrepris une procédure de révision d’un procès de sorcellerie et à Nieuport, il y a eu une cérémonie de réhabilitation. Il y a dans l’Hôtel de Ville une plaque qui rend hommage aux victimes des procès de sorcellerie. Il ne s'agit pas d'une démarche juridique mais bine symbolique".

Les initiateurs de la pétition font aussi remarquer qu’encore de nos jours, il arrive que l’on envoie en prison des innocents sur base de ragots. Dans certaines cultures, des gens croient encore beaucoup à la sorcellerie et aux envoûtements. On pense par exemple aux enfants sorciers en Afrique.

Que cette pétition aboutisse ou pas, elle aura au moins le mérite de nous en apprendre un peu plus sur le passé de notre région, même s’il n’est pas particulièrement glorieux.

I.Palmitessa

 

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