Pétition : des pompiers bruxellois réclament le départ d'Eric Labourdette, syndicaliste SLFP

Eric Labourdette, le permanent SLFP des pompiers.
Eric Labourdette, le permanent SLFP des pompiers. - © RTBF

Rien ne va plus entre le médiatique Eric Labourdette, permanent SLFP (libéral) au Siamu des Bruxelles et plusieurs pompiers dans les casernes. Une pétition, signée par plus d’une centaine d’hommes du feu, selon nos sources, réclame son départ du syndicat. Un premier courrier vient d’être adressé par recommandé à François Fernandez-Corrales, président de l’organisation. Un deuxième doit suivre si d’autres signatures viennent grossir la pétition.

Ecœurement, dégoût

Que reprochent les équipes de terrain à Eric Labourdette, "la" voix du Siamu auprès du grand public ? Dans leur courrier, elles expriment leur "écœurement" et "dégoût" pour "dénoncer et signaler les propos et l’attitude incompréhensible" du représentant SLFP auprès des zones de secours. Insulte, manque de respect, omnipotence : les signataires chargent.

"Tout est parti des nouvelles procédures pour acquérir le grade de sous-officier. Certains pompiers qui entraient dans les conditions depuis près de dix ans pour devenir sergents vont devoir maintenant passer des examens", raconte une source interne. "Beaucoup se demandent comment le syndicat a pu accepter cela de la part de la direction."

Temps de travail hebdomadaire, primes d’opérationnalité, récupération des heures prestées dans un contexte Covid… Questionné sur ces autres thématiques sensibles, Eric Labourdette aurait remballé le personnel dit cette source.

Il se permet de traiter les pompiers d’ignorants

"Il se permet de traiter les pompiers d’ignorants et de dire que ceux-ci devraient retourner à l’école s’ils ne comprennent pas les infos" que les syndicats diffusent, peut-on lire dans la missive. Les lignes suivantes chargent : "Il s’offre même le luxe d’envoyer un courriel à la direction du Siamu et prétend vouloir dénoncer ceux qui voudraient se désaffilier du syndicat en donnant leur nom."

Nous avons lu l’un de ces courriels : le leader SLFP accuse des agents de faire pression sur le personnel pour ne pas se syndiquer ou désaffilier. Il ajoute que les meneurs de cette fronde posent "pour des calendriers" ou "sur les plages de Knokke-le-Zoute".

Nous ne savons rien faire que leur conseiller de retourner à l’école

Eric Labourdette ne défend plus le personnel mais se défend. Dans un autre mail, ce dernier parle d’une "campagne de désinformation contre les syndicats" et pour les agents qui ne comprennent pas les lettres d’informations, "nous ne savons rien faire que leur conseiller de retourner à l’école".

Le torchon brûle au sein des casernes. Dans un nouveau courrier, le SLFP annonce organiser plusieurs visites de terrain afin "d’essayer de comprendre ce mécontentement de la part du personnel. […] Voilà déjà de quoi faire taire les agents qui prétendent que le SLFP se cache dans son bureau !" Clash !

La tension est vive et n’est pas près de retomber. En attendant, la pétition qui pointe la question de la légitimité électorale d’Eric Labourdette, pose plusieurs questions au président du SLFP : "Combien de temps le SLFP va accepter/cautionner/toléré de tels propos inqualifiables ? Le SLFP ne va-t-il rien faire quitte à perdre la crédibilité de son syndicat pour protéger une brebis galeuse ? Peut-on espérer un syndicat digne de ce nom élu démocratiquement et défend les intérêts de ses affiliés ?"

Depuis quand le personnel demande la tête d’un permanent syndical ?

Contacté par la RTBF, Eric Labourdette est clair : "C’est une cabale qui sous couvert de viser les trois syndicats, me vise moi personnellement. Cela ne m’inquiète pas du tout. Depuis quand le personnel demande la tête d’un permanent syndical ? Depuis quand une pétition est signée par des gens qui ne sont même pas affiliés au SLFP ? Cela prouve le sérieux de cette initiative."

Eric Labourdette, qui est également le représentant SLPF zone de secours au niveau national, estime à 600 sur un millier de pompiers le nombre d’affiliés SLFP. "Je rencontre depuis dimanche le personnel pour expliquer les choses. Il n’y a jamais aucun grief contre moi mais contre la direction qui ne communique pas assez. Je sais que ceux qui ont organisé cela me vise personnellement, parce que je suis le plus médiatique mais aussi celui qui a le malheur de savoir de quoi il parle, qui maîtrise sa matière. Alors oui, j’ai certainement un défaut : mes écrits dépassent ma pensée. Je suis fort impulsif. Mais ce qui est certain, c’est que cette campagne a déjà fait 'pschit' car j’ai répondu à toutes les questions."

Sur le fond des dossiers, il précise par exemple que "c’est le Fédéral qui impose des examens pour passer sergent. Ce n’est pas Eric Labourdette, tout seul dans son coin ! Une centaine de pompiers qui entraient dans les conditions depuis 2003 voient aujourd’hui la procédure modifiée. J’en suis le premier sincèrement désolé pour eux."

Sur la prime d’opérationnalité (ancienne prime de garde), qui ne peut être octroyée en cas de congé, "la loi sur le temps de travail doit être respectée. Les pompiers cumulent des milliers d’heures de compensations non prises. Ces congés doivent être pris. C’est peut-être impopulaire mais je dois faire respecter les règles."

Polémiques

En tout cas, Eric Labourdette n’en est pas à sa première polémique. L’année dernière, deux députés bruxellois l’accusent de propos racistes après que ceux-ci ont été qualifiés de "bonobos" dans une publication Facebook. Plainte est déposée auprès d’Unia et du président du SLFP. Le Parlement bruxellois soutient publiquement ses deux députés.

Des voix politiques se sont également élevées pour dénoncer les faibles réactions d’Eric Labourdette suite aux incidents racistes au sein des casernes bruxelloises ou sur les réseaux sociaux. "J’ai écarté des délégués qui ont dérapé", se défend l’intéressé. "Des gens qui n’étaient pas dignes d’un service public, au bénéfice de toute la population bruxelloise. Et vous avez bien compris de quoi je parle."

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