Peste porcine: marché interconnecté oblige, tous les éleveurs de cochons s'inquiètent de la situation

Que du muscle et pas de graisse, telle est la particularité du porc de Piétrain, une race prisée partout dans le monde.
Que du muscle et pas de graisse, telle est la particularité du porc de Piétrain, une race prisée partout dans le monde. - © DR

La décision du ministre fédéral de la Santé, Denis Ducarme (MR), est tombée : tous les porcs du sud de la province de Luxembourg devront être abattus. Cela concerne plus de 4000 bêtes, dans une soixantaine d'exploitations.

En Brabant wallon, on n'est pas touché, mais on observe avec attention la problématique. Les éleveurs du célèbre porc "Piétrain", une race reconnue mondialement, redoublent de vigilance.

Eric Ossaer a 71 ans, et le cochon, c’est toute sa vie ! "Mes cochons prennent même l'avion !" Et pas n’importe quel cochon… le célèbre porc Piétrain. "Certains sont partis en Chine, au Vietnam, au Congo… C'est une fierté du Brabant wallon !" Que du muscle et pas de graisse, telle est la particularité de cette race, prisée partout dans le monde.

Naturellement, la crise de la peste porcine africaine effraye Eric. "En temps normal, la Belgique est déjà en surproduction. Alors, quand on apprend que neuf pays ont déclaré ne plus vouloir importer de la viande de chez nous… Où va-t-elle aller cette viande là ?"

Ce n’est donc pas spécialement le sort du porc Piétrain qui inquiète mais bien la situation du cochon belge dans son ensemble. En effet, le marché est totalement interconnecté, explique Henri Stas, un éleveur/sélectionneur du village de Piétrain même. "Les éleveurs qui nous achètent des reproducteurs, ils ont des truies industrielles qui ont beaucoup de lait, qui sont très maternelles, mais qui n'ont pas beaucoup de qualité au niveau de la viande à proprement parlé. Les éleveurs se servent donc d'un verrat Piétrain sur les truies industrielles qu'ils ont pour en améliorer la qualité de 15 à 20%."

Donc, même si aucun porc ne l’attrape, cette fameuse peste pourrait bien affecter le secteur pour des années.

Mais le désastre, ce serait que le virus se propage aux cochons d’élevage. Contre ça, il n’y a pas grand-chose à faire d’autre que les mesures sanitaires habituelles, déjà très strictes. "Je pars du principe que dans la porcherie, personne ne rentre ! C'est le meilleur moyen pour éviter les problèmes."

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