Personnel des maisons de repos : entre ceux qui réclament le vaccin et ceux qui n'en veulent pas

Plus de 80% des résidents sont inscrits pour une vaccination contre le Coronavirus, le personnel est plus réticent.
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Plus de 80% des résidents sont inscrits pour une vaccination contre le Coronavirus, le personnel est plus réticent. - © RTBF

Les résidents et le personnel du home "Le bon accueil" à Elouges (Dour) auraient dû pouvoir recevoir le vaccin contre le Covid ce mardi 5 janvier, date de début officielle de la campagne de vaccination. Il n’en sera rien, la direction a décidé de reporter cette vaccination de quelques jours. Plusieurs raisons à cela. D’abord, une date de vaccination communiquée entre Noël et Nouvel an, impossible de fournir à temps la liste des personnes désireuses de se faire vacciner : "nous avions convenu avec l’hôpital Ambroise Paré, le hub médical dont nous dépendons, de donner cette liste le 4 janvier mais l’AVIQ la demandait le 31 décembre, ce qui était impossible pour nous, vu le nombre de personnes en congé à ce moment-là". Autre raison, ce directeur de home veut avoir le temps d’informer le personnel. Car si plus de 80% des résidents ont dit oui à la vaccination, les 2/3 du personnel l’ont refusée. Les raisons de ce refus, aucun d’entre eux ne désire l’exprimer devant une caméra ou un micro. Une réserve assez révélatrice de la pression sociale que ressentent ceux et celles qui refusent le vaccin. Hors micro, ils et elles confient leurs craintes : la peur des effets secondaires à long terme, la perte de confiance dans ce que communiquent les autorités et le refus d’être parmi les premiers à tester ce nouveau vaccin.

Ce mardi, une séance d’information sera organisée pour répondre aux questions et tenter de convaincre de l’intérêt du vaccin. Le directeur du home, Daniel Deleuze insiste car il est convaincu que "les conditions de vie à l’intérieur du home vont dépendre du taux de vaccination".

Parmi les membres du personnel qui ont accepté de se faire vacciner, il y a Roxane Renom. "Je ne porte aucun jugement vis-à-vis de mes collègues qui ne veulent pas se faire vacciner, dans un sens comme dans l’autre, celui qui dit oui comme celui qui dit non ne doit pas être jugé". Roxane a longtemps réfléchi et hésité, elle s’est documentée et a finalement décidé de s’inscrire : "Je suis dans le paramédical, je ne peux pas refuser de faire confiance aux médecins, aux scientifiques, tous les médicaments ont des effets secondaires et pourtant nous les prenons". Roxane est surtout motivée par le souvenir de ce qu’elle a vu ces derniers mois : "nous avons été hyper impactés, si je le fais c’est pour être soignant jusqu’au bout, je ne crois pas être parmi les plus à risques mais je le fais pour mes grands-parents, pour les résidents, pour mes enfants, je le fais pour les autres, pas pour moi".

Pas assez de doses dans un premier temps pour tout le personnel

Cela dit, les résidents sont prioritaires et seule une partie du personnel des homes pourra être vaccinée dans un premier temps. A Saint-Ghislain, à la résidence "Les Rosiers", le directeur, Alexandre Graci ne décolère pas. Chez lui, tous les résidents et tous les membres du personnel se sont inscrits pour être vaccinés mais  le directeur a appris ce lundi qu’il n’y aurait pas assez de doses pour tout le monde. Seuls 20% du personnel pourra recevoir un vaccin en même temps que les résidents. Alexandre Graci s’en prend au producteur du vaccin, Pfizer et aux autorités : "cela nous met devant des choix impossibles avec beaucoup d’incertitudes pour l’avenir, rien ne me dit que lors de la deuxième injection, je recevrai assez de doses pour mon personnel, c’est un fameux couac".

Ce lundi soir, sur le plateau du JT, la Ministre wallonne en charge de la santé, Christie Morreale a répondu à ce coup de gueule en rappelant que les résidents sont prioritaires, elle a assuré que le personnel serait vacciné d’ici la fin du premier trimestre de l’année.

 

Journal télévisé 19h30

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