Permis de conduire à Bruxelles: nous avons réalisé le futur test de perception des risques

Le test de perception de risques, c'est cinq questions à choix multiple.
Le test de perception de risques, c'est cinq questions à choix multiple. - © RTBF

Le test de perception des risques arrive à Bruxelles à partir du 1er novembre prochain. Indispensable dans le cadre de l'obtention du permis de conduire, le test est déjà en vigueur en Flandre (depuis le 1er mai 2017) et en Wallonie (depuis le 1er juillet 2018). Mais pour la Région bruxelloise, celui-ci a été adapté aux réalités de la conduite en milieu urbain. Quelques jours avant la mise en place de l'épreuve - à présenter après réussite du permis théorique -, la RTBF a déjà pu s'y essayer, en primeur, au centre d'examen de la rue Colonel Bourg à Evere. Récit.

"Qu'avez-vous vu?"

Nous nous installons derrière un écran d'ordinateur. Après une courte inscription (données personnelles, passif en tant que candidat au permis...), deux questions à titre d'essais nous sont proposées, question de comprendre la mécanique et de ne pas trop stresser face au vrai questionnaire. 

Comment celui-ci se présente-t-il? En tout, nous avons droit à cinq questions. Ou plutôt, cinq vidéos. Chaque vidéo reproduit une situation routière: sur une grande avenue, avant d'emprunter le ring, en longeant une voie de bus, une piste cyclable... Autour de l'écran principal, un rétroviseur arrière et deux latéraux ou encore ses témoins de clignotants. "C'est un test qui va évaluer la capacité du candidat à reconnaître les risques potentiels sur la route", explique Marie De Backer, responsable de la communication du GOCA, le groupement des entreprises de permis de conduire. Les images présentent un environnement léger ou beaucoup plus dense: des piétons qui traversent, une moto qui dépasse, un cycliste qui coupe la route... "Face à chaque vidéo, le candidat va devoir faire preuve de concentration, comme il le ferait s'il était au volant d'un véhicule."

Une mauvaise réponse: un point en moins

 A la fin de la vidéo, l'ordinateur annonce: "Qu'avez-vous vu?". Puis suggère quatre situations de danger potentiel (réponses A, B, C, D). Au candidat à cocher celles qu'il a pu observer. D'une à trois bonnes réponses sur quatre sont possibles. "En cas de bonne réponse, c'est un point. Mais une mauvaise réponse, c'est aussi un point en moins", insiste Marie De Backer.

Après les cinq questions, le verdict tombe. Si vous obtenez six sur dix minimum, vous passez au tour suivant: le passage de l'examen pratique. Si vous ratez le test une première fois, vous pouvez le repasser. Mais après deux échecs successifs, vous devrez suivre six heures de cours pratique dans une auto-école. 

On l'a dit, le test bruxellois a été adapté aux réalités bruxelloises, différentes du contexte flamand ou wallon. Les vidéos ont été produites pour que le candidat puisse se familiariser au contexte régional bruxellois. "A Bruxelles, il y a des trams qui ont toujours priorité, des rues cyclables, des sens uniques limités pour les vélos, des panneaux qui permettent aux cyclistes de tourner à droite aux feux rouges... Bref, sur ces vidéos on retrouve des situations que le candidat pourrait retrouver à l'avenir, en situation réelle", précise Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles Mobilité, l'administration régionale de la Mobilité, partenaire de la réforme du permis. En tout, 100 vidéos ont été réalisées comme autant de cas de figure.

Payant en Wallonie, gratuit à Bruxelles

A l'inverse de la Flandre où le test de perception des risques est couplé à l'examen pratique, à Bruxelles l'examen pratique ne peut être présenté qu'en cas de réussite au test. "C'est une volonté de la Région bruxelloise dans sa lutte contre les accidents de la route", précise Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d'Etat en charge de la réforme du permis de conduire. "Une personne qui n'est pas capable de mesurer un risque éventuel n'est pas encore prête, selon nous, pour passer le pratique."

Une différence avec la Wallonie cette fois: le prix. Dans le sud du pays, le test coûte 15 euros (en plus des 15 euros pour le théorique et 36 euros pour le pratique). A Bruxelles, il est gratuit, le coût de l'épreuve étant supporté par la Région bruxelloise.

A Bruxelles, ce test sera proposé dans les deux centres d'examen, à Evere (Colonel Bourg) et à Anderlecht (rue du Labeur).

Taux de réussite en baisse à l'examen théorique

Depuis la régionalisation du permis de conduire, les résultats aux examens ont évolué. Pour la partie théorique, le bilan est mitigé. Exemple en Wallonie: depuis l'introduction de la faute grave, le taux de réussite est passé de 37% (avant le 1er janvier 2018) à 26%. En Flandre, le taux de réussite est passé de 48,% à 36%. A Bruxelles, il était de 38% avant avril 2018 et de 31% depuis. "Ce sont des résultats classiques, qui apparaissent après chaque réforme", tempère Marie De Backer.

Le test de perception des risques, déjà en place en Flandre et en Wallonie, affiche pour sa part des résultats de 77% de réussite dans le Nord du Pays et de 74% dans le Sud. 

 

La réforme du permis de conduire à Bruxelles

null

null

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK