Périphérie: d'où viennent les francophones ?

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Présents en nombre dans les communes de la périphérie bruxelloise, les francophones sont sujets de discorde entre flamands et francophones depuis des décennies. Leurs droits et devoirs sont quotidiennement au centre des débats institutionnels. Mais d'où viennent-ils ? Quand sont-ils arrivés là ?

Il n'y a plus de chiffres officiels depuis 1947, mais selon une estimation tirée des résultats électoraux, les francophones seraient plus de 128 000 en périphérie bruxelloise. Leurs droits et devoirs sont bien souvent sujet de discorde entre flamands et francophones depuis des décennies, mais qu'en est-il de l'histoire de ces francophones "périphériques" ?

Durant l'entre-deux guerres, Bruxelles grandit et des citadins, de plus en plus nombreux, cherchent une maison aux abords de la ville. Cela tombe bien puisqu'un grand nombre d'agriculteurs y vendent leur terrain. D'une part parce qu'ils sont conscients de l'aubaine que représentent ces ventes, mais aussi parce que certaines cultures, telle celle du raisin, déclinent.

La plupart des Bruxellois qui s'installent en périphérie sont alors francophones. Et d'emblée, il y a peu de mélange avec les locaux flamands. En cause, la langue bien sûr, mais aussi la différence de culture. Les nouveaux habitants travaillent sur Bruxelles en journée, ils continuent donc à avoir une vie sociale et culturelle tournée vers la capitale, alors que les populations d'origine, encore fortement ancrées dans l'agriculture, ont quant à elle une vie sociale sur place, explique Chantal Kesteloot, historienne. Et de poursuivre : "Ce sont deux mondes qui n'avaient pas grand-chose en commun et qui, au fond, n'avaient pas de raison de se côtoyer."

Depuis les années 30, cette migration n'a jamais cessé. Pour Stéphane Rillaerts, auteur de recherches au Crisp, Centre de recherche et d'information socio-politiques, il y a une autre raison à la présence de francophones en périphérie : "C'est une partie de la population autochtone qui a fait délibérément le choix d'éduquer ses enfants en français, de se convertir à la langue française, parce que cela donnait plus de perspectives d'ascension sociale que le néerlandais à l'époque."

Aujourd'hui, il y a bien plus d'interactions entre les habitants des deux communautés linguistiques au sein de ces communes. Le nombre de francophones continue d'y grandir, mais les prix élevés de l'immobilier poussent les Bruxellois à chercher plus loin la maison de leurs rêves, souvent en Wallonie.

 

Myriam Baele

 

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