Pénurie grave de chauffeurs de poids lourds en Belgique

Job day chauffeurs routiers à Garocentre
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Tout était mis en place pour que les candidats potentiels au métier de chauffeur de poids lourds s'inscrivent : le stand du Forem, des agences d'intérim, et même des patrons d'entreprises, venus spécialement faire du recrutement. Rien n'y a fait : ils n'ont été qu'une poignée à venir déposer leur candidature lors du premier Job Day organisé pour les chauffeurs routiers lors de la 25 ème édition du Truck and Tuning Show de Garocentre ( Houdeng-Goegnies). Didier Michel, organisateur de l'évènement et patron d'une entreprise de transport, est également le vice-président de Febetra Hainaut. "Savez-vous qu'il manque plus de 3.000 chauffeurs en Belgique ? Dans ma société, je manque de jeunes chauffeurs. J'ai une catégorie de chauffeurs plus âgés, et il faut que je songe à rajeunir la pyramide des âges. Hélas, je ne trouve personne avec un permis B, C ou CE. Il faut avoir le courage de dire que certains n'ont pas envie de faire l'effort de travailler, et que d'autres sont très exigeants : ils veulent un CDI ( Contrat à durée indéterminée) tout de suite, là où je peux seulement leur proposer un intérim ou un CDD". David Marini est le responsable d'une société de livraison de mazout sur la Hainaut et Namur. Il est venu en personne pour essayer de recruter des chauffeurs. " J'en cherche 10 pour ces 2 provinces, et une trentaine pour l'ensemble du territoire. J'en ai un besoin urgent car la période d'hiver va commencer, et nous allons livrer beaucoup de mazout, mais aussi parce que je voudrais avoir une équipe complète et stable". Lui aussi repartira bredouille. Les agences d'intérim présentes se sont la plupart du temps tourné les pouces, comme Geoffrey Eysermars. "Sur toute la matinée, j'ai eu 2 personnes venues dire qu'elles cherchaient du boulot dans le secteur. je dois les recontacter la semaine prochaine pour voir précisément ce qu'elles souhaitent. Ensuite, quelques badauds qui ont jeté un oeil et sont partis ! ". Karl Zener est formateur "poids lourds" au Forem, et ancien chauffeur routier. Il comprend le désintérêt des jeunes pour le métier : " Oui, ils roulent dans un beau grand camion, et le job est bien payé, mais il y a l'envers du décor : la pression de l'entreprise, la pression des clients, la pression sur la route car ils ont un temps imparti pour la livraison de certaines marchandises. Il faut savoir se lever tôt, résister à la fatigue et savoir que la vie familiale risque de souffrir des horaires irréguliers !". Résultat : la plupart de ceux qui ont suivi la formation au Forem quittent le secteur ensuite : " sur 10 stagiaires, au bout de 3 ans, on en retrouve 3 ou 4 dans le secteur. Les autres se sont volatilisés !".

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