Pensions: c'est "inacceptable", ils ont "tout faux, sur toute la ligne"

Pour le PS, la charge liée au financement des pensions ne peut reposer sur les seules épaules des travailleurs. La priorité, c'est d'améliorer le taux d'emploi des travailleurs avant 65 ans.

Le député Frédéric Daerden s'est d’ailleurs dit profondément choqué : "C’est choquant en effet. C’est totalement inacceptable ! Cette annonce se fait sur le dos des travailleurs, des aînés et des jeunes. Ce n’est pas une solution. Ni pour faire des économies à court terme, ni pour assurer le financement et le maintien des pensions. Il faut en fait augmenter l’âge réel de prise de la pension, augmenter le taux d’emploi et la base de financement des pensions. Ce n’est que comme ça qu’on assurera son financement et sa pérennité."

De son côté, le cdH juge insensé cette réforme des pensions. Relever l'âge légal de l'accès à la pension n'a pas de sens car l'âge effectif des départs à la retraite est largement inférieur à cet âge légal.

Catherine Fonck parle, à ce titre, d'un accord profondément injuste. "Passer de 65 à 67 ans est profondément injuste parce que ça sanctionne ceux qui travaillent déjà le plus longtemps. Ce qu’il faut, c’est au contraire inciter un maximum de personnes à travailler jusqu’à 65 ans, parce qu’aujourd’hui, en moyenne, les gens prennent leur pension à 59 ans. Et il y a vraiment toute une série de mesures qui permettent, y compris en aménageant les fins de carrière, d’augmenter le taux d’emploi des personnes entre 55 et 64 ans."

Autre réaction, celle d'Emily Hoyos, la co-présidente d’Écolo. "Est-ce que demain on sera moins fatigué à 65 ans ? Quand on voit le nombre de burn-out (qui explose) ces dernières années… Alors, bien sûr qu’il faut régler le problème budgétaire du financement des pensions. Mais les Belges méritent un gouvernement fédéral qui s’attaque à ce problème avec innovation, créativité, un gouvernement qui s’attèle à financer autrement la sécurité sociale… Ca ce sont les vraies questions pour lesquelles les Belges attendent des réponses !"

Dernière réaction politique, celle de Raoul Hedebouw. Le député PTB promet déjà d'entrer en résistance. "Ce gouvernement ne va défendre que les riches. Et il fera payer la crise aux travailleurs et aux chômeurs. On ne comprend pas pourquoi, dans un pays où l’on compte 650 000 chercheurs d’emploi, on va faire travailler deux ans de plus les aînés. C’est illogique et inacceptable ! C’est la raison pour laquelle ce gouvernement de droite pourra compter sur une opposition forte. Non seulement dans les parlements mais également dans la rue, avec une mobilisation sociale où l’on mènera des actes de résistance contre cette politique de droite !"

 

Côté syndical, les critiques fusent également

"C’est de la pure provocation à l’égard des travailleurs, lance Marie-Hélène Ska (secrétaire-générale de la CSC), dans la mesure où l’âge de la pension aujourd’hui est déjà à 65 ans. On a déjà, en Belgique, les conditions de carrière qui comptent parmi les plus strictes en Europe, avec 45 ans de carrière exigé. Si les partis qui étaient autour de la table voulaient vraiment introduire du changement, ils ont pour l’instant tout faux, sur toute la ligne !"

Quant à Marc Goblet (le nouveau secrétaire-général de la FGTB), il rappelle qu’il y avait déjà "des engagements pour ne pas toucher à l’âge des pensions. Cela ne se retrouvait d’ailleurs pas dans le rapport de la Commission sur les pensions. En plus, ça n’a aucune cohérence puisque cela ne tient pas compte de la problématique des fins de carrière et d’aménagement de celles-ci en fonction de la pénibilité du travail. Peut-on s’imaginer commencer à 14 ans et travailler – selon les conditions retenues aujourd’hui – aussi longtemps ? Puisqu’il y a aussi le fait de porter à 63 ans la possibilité de partir en préretraite… On est vraiment là dans une mesure inacceptable, qui repousse les limites au-delà de ce qu’il était imaginable !"

RTBF

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