Pendant dix jours, un habitant de LLN a fait grève de la faim pour un meilleur budget pour le climat, la santé et l’emploi

Cesser de s’alimenter pour exprimer une faim de justice sociale et climatique ? C’est ce qu’a choisi de faire le brabançon Benoit Morel. Reprenant l’initiative de l’eurodéputé français Pierre Larrouturou, il a décidé de faire la grève de la faim durant dix jours. Avec ce geste fort, il souhaite conscientiser les citoyens à agir de leur côté et revendique une taxe sur les transactions financières, dont les recettes pourraient servir à financer la transition écologique.

Une initiative prise à l’origine par l’eurodéputé Pierre Larrouturou

Fin octobre 2020, l’eurodéputé français Pierre Larrouturou avait arrêté de s’alimenter durant 18 jours pour dénoncer le déficit de moyens consacrés à la lutte contre le réchauffement climatique. Depuis, de nombreux activistes français et belges lui ont emboîté le pas. Parmi ces grévistes, le brabançon Benoît Morel. Ce papa de quatre enfants n’est pourtant pas un activiste dans l’âme. Il n’avait jamais participé à un acte aussi fort auparavant. Mais à quelques jours du prochain sommet européen qui va entériner de nouveaux objectifs pour l’UE, il voulait réagir à son échelle. 

Ce qui est radical ce n’est pas de faire une grève de la faim. Ce qui est radical, c’est de ne rien faire du tout. 

Avec ce mouvement fort, il espère avoir sensibilisé son entourage à repenser leur rôle de citoyen: "Ce qui m’a motivé, paradoxalement, c’est de vouloir être dans l’action, mais de me sentir complètement impuissant. Mon but, c’est d'éveiller mon entourage, et par effet de diffusion, l’entourage de mon entourage. Et en tant que citoyen, voir et constater que j’ai un pouvoir d’action. Alors, c’est sûr qu’une grève de la faim, c’est un acte plutôt radical. Mais j’ai eu le retour d’un ami qui m’a dit : "Ce qui est radical, ce n’est pas de faire une grève de la faim. Ce qui est radical, c’est de ne rien faire du tout"..." Son geste n'est pas une invitation à reproduire la même chose que lui, mais bien une invitation à réfléchir sur l'impact que chaque citoyen peut avoir dans cette lutte contre le réchauffement climatique.

Des décisions jugées insuffisantes

Le 10 et 11 décembre aura lieu le prochain sommet européen. Lors de ce dernier, de nouveaux objectifs pour l’UE pour la période 2021-2027 seront entérinés. A l’agenda : réduire au moins de 50% nos émissions de CO² d’ici à 2030. Mais pour y arriver, l’Europe devra trouver de nouvelles ressources, jugées jusqu’ici insuffisantes. "Moi, je rêve que le Conseil européen ait des ambitions fortes au niveau climatique, au niveau du Green Deal. Et surtout, que ces ambitions soient accompagnées d’un budget. Parce que des décisions sans budget, ça ne sert à rien. Moi, ce que j’attends, c’est que les paroles soient suivies d’actes et de budget", précise Benoît Morel. "Une taxe sur les transactions financières de 0,1% pourrait rapporter plus de 50 milliards d’euros chaque année. Alors, même si ce n'est pas encore suffisant, ce serait déjà un grand pas."  


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En attendant, le Brabançon continue de poster ses démarches sur les réseaux sociaux. Grâce à la viralité d’Internet, il observe plus de 200 partages sur certaines de ses publications, et un effet boule de neige auprès de son entourage. "Les retours que j’ai eus, ce sont des amis, mais également des personnes que je ne connaissais pas qui m’ont dit que grâce à mon action, ils se sont renseignés et ils se sont mis au courant."

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Benoît Morel, activiste pour le climat a entamé une grève de la faim de 10 jours. © Benoît Morel

Mais après 10 jours de grève de la faim, ce Brabançon met fin à son jeûne. Bien qu'il ne se sente étonnamment pas affamé, il estime avoir fait sa part du travail. Le but de Benoît Morel n’était évidemment pas de se mettre en danger. Ce qui lui a permis de tenir, ce sont les retours positifs qu’il a reçu. Il invite les citoyens à s’informer sur les initiatives déjà existantes. Il y a toute une série d’actions qui sont mises en place pour maintenir la pression citoyenne. En attendant, il ne reste plus qu’à attendre les décisions du prochain sommet européen. 

 

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