Pécrot : la brasserie du Renard brasse de plus en plus local

Des bières dans lesquelles toute une communauté locale s'implique
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Des bières dans lesquelles toute une communauté locale s'implique - © S. Vandreck

Produire des bières bio, en utilisant au maximum les ressources locales, avec un projet social, telle est depuis sa création la philosophie de la brasserie du Renard. Cette petite brasserie artisanale est née à Pécrot (Grez-Doiceau) en 2015 sous la forme d’une coopérative. Chaque coopérateur y a mis une part minimum de 100 euros. "On voulait que ce ne soit pas juste nous, les porteurs du projet. Et on est aujourd’hui 300 ! se réjouit Caroline Hofmans, l’une des fondatrices de la brasserie. L’idée est de créer du lien social, mais aussi de rendre les gens fiers de ce qu’il y a dans leur région".

Du houblon cultivé dans des jardins

Les coopérateurs n’ont pas apporté qu’une contribution financière : certains viennent aider l’équipe de la brasserie, d’autres font la promotion de ses bières dans leur entourage… Dernier projet en date : la culture du houblon. La brasserie étant à la recherche de houblon bio et, si possible, local, elle s’est naturellement tournée vers eux. "Cultiver nous-même, c’est une garantie d’avoir le choix de nos variétés et de pouvoir les avoir en bio. Si je dois demander des dérogations, c’est moins intéressant. On préfère tout avoir sans produits chimiques", explique Stéphane Vlaeminck, ingénieur brasseur. Des plants de houblon ont donc été remis aux coopérateurs au printemps dernier, à raison de cinq chacun, et placés dans des bacs pour les protéger des maladies et des ravageurs. Yves, un voisin proche, s’est prêté au jeu dans son jardin : "Il fallait surtout veiller à ce qu’ils soient bien arrosés, surtout pendant la sécheresse de cet été. Ce qui a demandé le plus de temps, ça a été la récolte : il a fallu aller décrocher le houblon qui avait grimpé à six ou sept mètres du sol, l’allonger par terre ou sur une table et recueillir tous les petits cônes", témoigne le coopérateur.

Les coopérateurs prennent vraiment ça très au sérieux

Les cônes de houblon sont riches en substances aromatiques. Ce sont aussi eux qui donnent l’amertume caractéristique de la bière. Cette première récolte chez les particuliers a permis à la brasserie d’en obtenir quatre kilos et demi au total. Le houblon a été mis à sécher, dans un séchoir conçu par Yves et un autre coopérateur, puis stocké dans de grands sacs dans des congélateurs, afin de préserver au maximum ses arômes. Et, même si la culture du houblon n’est pas facile, sa qualité n’a rien à envier à celle du houblon cultivé par des professionnels : "Les coopérateurs ont tellement envie de bien faire les choses, qu’on a tout de suite été informés du moindre problème, raconte Stéphane Vlaeminck. Ils partagent des photos et des questions sur le groupe. Nous avons confiance en la force de la coopérative et la bienveillance des gens. Ils prennent ça vraiment très au sérieux. On les rassure, on leur rappelle qu’on n’est pas à un gramme près. Certains s’excusent même de ne pas avoir fait de gros rendements, alors que la valeur ajoutée n’est pas seulement dans la production, mais aussi de la communauté qui s’est créée autour de cette culture de houblon".

Impatients de goûter le premier brassin

Le houblon a été récolté à la mi-septembre. Une partie de ses fleurs viennent d’aromatiser un premier brassin. "Certaines sont ajoutées au début pour l’amertume, d’autres à la fin pour les arômes", précise le brasseur. Yves, comme les autres coopérateurs, est impatient de déguster cette bière. "On aime la bière, surtout celle-ci parce qu’elle est brassée près de chez nous, avec des produits bio et locaux", rappelle-t-il. Prochaine étape pour la brasserie : trouver des agriculteurs prêts à consacrer une petite parcelle au houblon, ou même à l’orge, ingrédient de base du malt, aujourd’hui produit du côté d’Anvers. "Notre idée est de grandir mais pas trop, insiste Caroline Hofmans. Le projet doit rester local et social. La brasserie du Renard ne sera jamais une grosse industrie". Aujourd’hui, elle emploie quatre personnes et a su recréer du lien entre les habitants de Pécrot et des environs, comme le faisaient les brasseries villageoises il y a moins d’un siècle.

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