Pauvreté: les conséquences médicales et psychologiques sur les enfants

Pauvreté: les conséquences médicales et psychologiques sur les enfants
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En Belgique, un enfant sur six vit en situation de pauvreté. Tous les médias de la RTBF vont le rappeler aujourd'hui, à l'occasion d'une journée spéciale consacrée aux personnes précarisées. Un enfant sur six, c'est une statistique nationale, car en Wallonie, c'est plutôt un enfant sur quatre. Pire encore, dans les familles monoparentales, c'est un enfant sur deux qui est concerné par la pauvreté. Nous nous sommes penchés sur les conséquences médicales ou psychologiques de cette pauvreté sur les enfants.

Chez l'enfant, la pauvreté influe évidemment sur son comportement. Pour beaucoup, elle se marque par des formes d'auto-censure. L'enfant cache ses propres envies. Jean-Marie Gauthier, professeur de psychologie de l'enfant et de l'adolescent à l'ULg: "Les enfants vont vite se rendre compte qu'aller en classe de mer ou en classe verte, ce n'est pas possible pour eux. Et ils vont inhiber la demande".

Mais ce n'est pas tout, d'autres formes d'inhibitions apparaissent: "L'inhibition, c'est une façon de ne pas utiliser des potentialités que l'on a. Ça peut être des potentialités intellectuelles ou sociales. Ils ne vont donc pas avoir le destin social qu'ils auraient pu avoir par exemple en ne faisant pas d'études, et ça se remarque souvent au moment du passage en secondaire: des enfants qui sont assez brillants à l'école primaire vont caler dans le secondaire".

Sur le plan scolaire particulièrement, la pauvreté laisse des traces, comme l'explique Ariane Baye, chargée de cours en éducation à l'Université de Liège: "A compétences égales, les enfants d'origine défavorisée vont avoir plus de chances de redoubler ou d'être orientés vers le professionnel ou le qualifiant. Au final, ils quitteront plus souvent le système éducatif sans diplôme et seront vraiment des enfants fragilisés a priori par rapport à l'accès à l'emploi".

Pour les enfants de mère isolée, des angoisses sont souvent présentes. Dans certains cas plus extrêmes, les enfants souffrent même de dépression.

 

L. Van de Berg