Accident nucléaire: les comprimés d'iode nécessaires jusqu'à 100 km

Pastilles d'iode non-radioactif
Pastilles d'iode non-radioactif - © RTBF

Le Conseil Supérieur de la Santé vient de rendre un avis sur la protection de la thyroïde en cas d'accident nucléaire. Selon le CSS, pour assurer une meilleure protection de la population belge, et particulièrement des enfants, les pharmacies doivent pouvoir fournir des pastilles d'iode non-radioactif dans un périmètre de 100 km autour de chaque centrale. Nous nous sommes rendus aux alentours de la centrale de Tihange.

Dans sa maison, à quelques pas de la centrale de Tihange, Yvette Delvaux ouvre son placard et y retrouve, tout au fond, une boîte de comprimés d'iode à prendre en cas d'accident nucléaire pour protéger la thyroïde des radiations nucléaires. Yvette nous raconte qu'elle est allée les chercher à la pharmacie de Tihange, elle ne sait plus quand. Elle n'est pas certaine que ça la tranquillise car elle se demande si elle aura le temps de les prendre en cas de problème.

Certains sont fatalistes, comme l'est Yvette. D'autres sont peu inquiets ou simplement distraits, comme l'explique ce monsieur, qui n'a pas ses comprimés : "J'ai été négligent. J'ai reçu tous les documents qu'il fallait mais je ne suis jamais allé chercher les pilules d'iode à la pharmacie. C'est un geste très simple mais on oublie".

Pourtant, en cas d'accident, l'iode doit être pris le plus rapidement possible, en priorité par les enfants et les femmes enceintes. Et ce, dans un rayon qui, selon le Conseil Supérieur de la Santé, doit, aujourd'hui, s'étendre à 100 km, comme l'explique Patrick Smeesters, expert auprès du Conseil Supérieur de la Santé "Si les doses de radioactivité sont très élevées, c'est recommandé pour tout le monde. Mais ça, ça n'arrive qu'à une petite distance des installations. Par contre, pour les enfants, c'est beaucoup plus dangereux. Les enfants sont beaucoup plus sensibles, les foetus également à partir du deuxième trimestre des grossesses, sont beaucoup plus sensibles. Et là, il suffit de doses beaucoup plus faibles pour faire des dégâts. Et ces doses faibles, on les rencontre jusqu'à 100 km d'une zone accidentée, comme on l'a vu à Fukushima".

Cent kilomètres autour de chaque centrale, soit donc la quasi totalité du territoire belge ! Alors, est-ce faisable ? Oui, selon cet expert, car il existe déjà un stock suffisant pour fournir toutes les pharmacies du pays. Un stock constitué pour l'instant dans un rayon de vingt kilomètres. Isabelle Bekaert de la Pharmacie de Peuple à Huy réagit : "Toutes les pharmacies qui sont dans le rayon de vingt kilomètres ont un stock obligatoire. Les autres, au-delà, je pense, n'ont pas ce stock-là. Il faudrait qu'il y ait une campagne programmée par l'Office National de la Santé pour que ces officines-là soient achalandées en comprimés d'iode et puissent les distribuer alors au-delà".

Une stratégie de distribution à mettre en place par le ministre de l'Intérieur s'il décide de suivre cette nouvelle recommandation.

 

Perrine Willamme

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