Parking SNCB payant : problèmes de mobilité autour des gares

Depuis quelques années, de plus en plus de parkings SNCB deviennent payants. Il y en a 32 pour le moment en Belgique. Dernier en date, celui de la gare de Leuze-en-Hainaut, 300 places. Et depuis qu'il est payant, il y a des problèmes de mobilité dans le quartier.

"Je veux bien payer mon parking mais là, c'est beaucoup trop cher"

Quand le parking de la gare était encore gratuit, il était rempli tous les jours. Aujourd'hui, il coûte 336 euros par an et il est à moitié vide. Du coup les gens se garent ailleurs. Dans le parking communal (150 places - 90 euros/an) ou dans des parkings privés de commerces: "Je n'ai pas le choix, explique cette jeune fille qui sort du train. Je sais qu'en me garant ici je gêne les clients du magasin mais je suis étudiante, impossible de me payer le nouveau parking de la gare. C'est plus facile de venir ici au supermarché".

Cette dame aussi fait le choix de garer sa voiture sur un parking de magasin: "Je suis pas contre le fait de payer un abonnement mais 336 euros en plus du prix du train, là c'est vraiment exagéré. Ça n'incite franchement pas à prendre les transport en commun. Je préfère venir sur le parking de ce magasin, et je ne suis pas la seule, on est plusieurs ici le matin".

Manque à gagner pour les commerces

Résultat, le gérant de cette grande surface nous explique qu'en arrivant le matin à 7h00, avant l'ouverture du magasin, il n'a déjà plus une seule place pour lui et son personnel. Son parking est pourtant réservé à la clientèle.

Plus loin dans la rue, pour cette responsable de café, c'est un réel manque à gagner: "Je vois vraiment la différence depuis 15 jours. J'ai une clientèle d'habitués qui vient très souvent. Là ils ne trouvent plus à garer, ils passent leur chemin, je fais moins de ventes. C'est clairement depuis que le parking de la gare est payant".

La commune prise au dépourvu

Du côté de la commune, on n'est pas content. Le terrain est privé et la SNCB peut donc le rendre payant si elle le souhaite mais le bourgmestre aurait souhaité un peu de concertation. Il a appris très tard la fin de la gratuité du parking de la gare. Trop tard pour anticiper les conséquences et réfléchir a un nouveau plan de stationnement communal. Il va donc falloir prendre des mesures au plus vite. Rien n'est encore décidé mais ça passera sans doute par une augmentation des contrôles pour empêcher le parking sauvage et une augmentation du prix du parking communal pour s'aligner ou s'approcher des tarifs de la SNCB.

Un beau parking pour inciter à prendre le train

La SNCB, elle, tempère. Comme dans les autres villes où les parkings de gare sont devenus payants ces dernières années, il faut une période d'adaptation, le temps que les gens comprennent l'intérêt de s'abonner. Et puis, l'entreprise ferroviaire rappelle qu'avant d'être payant ce parking était squatté par des riverains, des gens de la région qui ne prenaient pas la train.

Or, la vocation de ce vaste stationnement, c'est de garantir une place tous les matins aux navetteurs, à quelques mètres des quais pour leur faciliter la vie, pour rendre le train plus attractif, pas d'être un parking communal. Et avoir une place garantie et surveillée (par caméras), ça a un prix.

La SNCB demande donc à tout le monde de prendre ses responsabilités: elle garantit un parking à ses navetteurs, les commerces doivent surveiller leur parking privé (avec des barrières aux entrées par exemple) et la Ville doit offrir des places à ses habitants.

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