Pacte vert européen: Tournai, Mons et Charleroi identifiés comme zones à privilégier

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Illustration - © Belga/ImageGlobe - Jonas Hamers

La Commission européenne a annoncé mercredi avoir identifié les arrondissements de Tournai, Mons et Charleroi, dans le Hainaut, comme territoires qui a priori devraient être privilégiés pour bénéficier du Fonds européen pour une transition juste en Belgique.

Il ne s'agit que d'un avis préliminaire de ses services, sur base d'une analyse des impacts locaux attendus de la transition vers une économie plus "verte" telle que prévue par le fameux "Green Deal".

Un avis qui servira de base au dialogue

Mais cet avis servira de base au dialogue qui doit se mettre en place entre le pays et l'Union pour déterminer précisément à quoi serviront les 68 millions d'euros réservés à la Belgique pour la période 2021-2027 dans le cadre de ce "Just Transition Fund".

Ces derniers mois, la Commission a insisté sur l'importance de "concentrer" les futurs financements issus de ce nouveau Fonds, une manne de 7,5 milliards qui doit être intégrée au budget européen 2021-2027 et servira à aider à la transition "verte" dans les régions et secteurs qui en souffriront le plus sur le plan socio-économique. C'est d'autant plus vrai pour la Belgique que notre pays ne recevra qu'une très petite part de ce gâteau, au contraire de la Pologne par exemple, où le charbon a encore une place prépondérante dans le bouquet énergétique national.

La Province de Hainaut en pleine transition

En Belgique, c'est vers les industries très émettrices de gaz à effet de serre, et vers les régions qui en dépendent fortement, que le regard doit se tourner. Les arrondissements de Tournai, Mons et Charleroi affichent justement la plus haute intensité de gaz à effet de serre d'origine industrielle (rapport entre la quantité d'émissions de cette industrie et sa valeur ajoutée), constatent les services de la Commission. Ces émissions sont surtout liées à la production de ciment, matières chimiques et électricité. Or, le contexte particulier du Hainaut est aussi à prendre en compte: la province est encore en pleine transition après un passé marqué par les charbonnages et l'aciérie, et fait face à un taux de chômage relativement élevé (10% de la population active 15-64 ans selon les chiffres 2018 de la BNB), le plus élevé de Belgique derrière Bruxelles.

Les territoires montois, carolo et tournaisien sont par ailleurs très dépendants, en termes d'emploi, des industries à haute intensité de carbone qui y sont installées, ce qui veut dire aussi que leur population est particulièrement vulnérable aux effets d'une "décarbonisation" de leur économie.

Investir dans la formation 

Rendre l'économie locale plus "verte" passera sans doute par d'importantes transformations de l'industrie, une diversification, et donc aussi du personnel à ré-affecter. C'est pourquoi il est entre autres conseillé d'investir à l'avenir dans la formation des travailleurs, peut-on lire dans le document.

La publication de l'avis de mercredi n'est qu'une première étape du processus: l'Etat belge va désormais devoir définir des "plans territoriaux de transition" pour les territoires qu'il aimerait voir bénéficier des coups de pouce financiers du Fonds pour une transition juste. Ces plans doivent détailler les investissements et transformations prévus, dans la ligne des objectifs du Green Deal, et justifier leur éligibilité à l'aide du Fonds. Dans le cadre de ce délicat travail, la Belgique peut se tourner dès le mois de mars vers la Commission pour une assistance technique.

 

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