Ouvrier de Mittal blessé à l'œil: des parlementaires français veulent une enquête

Entre 2007 et 2009, les polices françaises ont connu une demi-douzaine de blessés par flashball.
Entre 2007 et 2009, les polices françaises ont connu une demi-douzaine de blessés par flashball. - © RTBF

La blessure d'un sidérurgiste liégeois, voici juste huit jours, à Strasbourg, pourrait avoir des suites judiciaires ou disciplinaires pour le gendarme qui a tiré une balle en caoutchouc dans l'œil du manifestant. Plusieurs parlementaires français ont réclamé une enquête. Il faut dire que ce n'est pas le premier cas de mutilation dans l'Hexagone. De son côté, l'ouvrier blessé est sorti de l'hôpital et a pu rentrer à Liège. Plus d'une semaine après les faits, il reste sous le choc.

Entre 2007 et 2009, les polices françaises ont connu une demi-douzaine de blessés, d'éborgnés ou presque, par balles en caoutchouc. Des lycéens, des étudiants, pacifistes ou syndicalistes, ont subi physiquement la phase d'expérimentation de cette arme non létale appelée "flashball". A tel point qu'un préfet a fini par rappeler très fermement les règles: l'usage est permis en cas de légitime défense, à une distance minimale de sept mètres, et sans viser la tête.

Dans le cas du sidérurgiste liégeois, la légitime défense se discute: plusieurs témoins rapportent qu'il s'est baissé pour ramasser un fumigène, et le jeter de côté. Mais un agent des forces de l'ordre a pu se sentir menacé...

Par contre, le visage a été clairement ciblé, et les camarades de l'ouvrier parlent unanimement d'une distance de moins de cinq mètres. Ce qui pourrait être constitutif d'une faute. Deux parlementaires, au moins, ont donc réclamé une enquête interne.

Le "flashball" a souvent été considéré comme un symbole des dérives sécuritaires sarkozistes. L'actuel ministre, socialiste, de l'Intérieur, peut difficilement refuser de tirer l'affaire au clair, quant au respect des règles d'engagement des forces de l'ordre. Mais à ce stade, ses services refusent de confirmer ou non que des investigations ont commencé.

Une semaine après les faits, l'ouvrier blessé témoigne

Après une semaine d'hospitalisation, l'ouvrier blessé, John David, est rentré chez lui. Nous l'avons rencontré. Plus d'une semaine après les faits, il reste sous le choc. Ecoutez ci-contre son interview.

 

Michel Gretry

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