Orp-le-Grand: "Ce n'est plus possible pour des petits agriculteurs d'acheter des terres aux prix actuels"

Joël Lambert, agriculteur bio à Orp-le-Grand
Joël Lambert, agriculteur bio à Orp-le-Grand - © S. Vandreck

Depuis vingt ans, Joël Lambert pratique l'agriculture bio à la ferme Sainte-Barbe, à Orp-le-Grand. Il élève des porcs, des vaches et des poulets, cultive les céréales, pour les nourrir, ainsi que des légumes bio qu'il vend dans le petit magasin attenant à la ferme. Une exploitation de 27 hectares qui tourne grâce à la vente directe et emploie deux personnes à temps plein et quatre saisonniers. Il faut dire que le bio nécessite pas mal de main d'œuvre, ce qui justifie des coûts plus élevés.

Quand le propriétaire de quatre hectares de terre loués par Joël Lambert a décidé de les mettre en vente, l'agriculteur a craint pour l'activité de sa ferme: "Quatre hectares, c'est un manque à gagner énorme, déplore-t-il. Nous aurions pu envisager de les racheter, mais sur une petite exploitation comme la nôtre ce n'est pas rentable, c'est un endettement qui peut devenir insupportable. Il faudrait deux ou trois générations pour récupérer l'achat de ces terres en les répercutant sur le coût de nos produits, ce qui n'est pas possible. Il fallait donc trouver une solution".

Crowdfunding agricole

La solution est venue de l'asbl "Terre en vue", une coopérative qui propose à des particuliers, des organismes ou des acteurs publics de cofinancer l'achat de terres agricoles, pour autant qu'elles soient destinées à l'agriculture bio. Le principe ressemble un peu à celui du crowdfunding ou du financement participatif, à la différence que les coopérateurs peuvent à tout moment récupérer leurs parts, s'ils se retrouvent eux-même en difficultés financière par exemple. "La plus grande contrepartie c'est de soutenir une agriculture biologique et de pouvoir bénéficier des produits, précise Zoé Gallez, coopératrice et membre de l'asbl. On n'a pas un intérêt financier direct dans la coopérative, ce n'est pas le but. Les terres sont tellement chères que nous mettons simplement notre épargne à disposition d'un projet auquel nous croyons".

L'asbl compte aujourd'hui plus d'un millier de coopérateurs qui viennent en aide à une douzaine de fermes, à raison de parts dans les terres allant de quelques centaines à quelques milliers d'euros. Dans le cas de la ferme de Joël Lambert, ce sont principalement ses clients qui ont ouvert leur portefeuille pour investir de l'achat des quatre hectares de terres. Il manque encore près de la moitié des 150.000 euros nécessaires. Elle a été avancée par Terre en vue, en attendant que d'autres coopérateurs se manifestent.

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