Or, argent, platine dans les égouts de Bruxelles : le nouvel Eldorado ?

La station d’épuration Nord où une partie des eaux usées bruxelloises sont traitées.
La station d’épuration Nord où une partie des eaux usées bruxelloises sont traitées. - © OLIVIER VIN - BELGA

Les égouts bruxellois regorgent de richesses et notamment de métaux précieux comme l’or ou l’argent. Voilà pourquoi des chercheurs, de l’ULB, de la VUB et de l’institut Meurice sont en train de développer un procédé pour les extraire des boues résiduaires des stations d’épurations. Un procédé à la fois économique et écologique.

Les alchimistes des égouts

A côté des métaux lourds (plomb, zinc, cuivre), les métaux précieux (or, argent, platine) finissent eux aussi très souvent dans les eaux usées. Ils proviennent de l’érosion de bijoux, de l’utilisation dans des médicaments ou dans des agents antibactériens ou encore des pots catalytiques. Alors avec leur nouveau projet intitulé Sublimus, ces scientifiques se présentent un peu comme "les alchimistes des égouts. On va transformer la boue de stations d’épuration en métaux valorisable. C’est notre objectif" explique Gilles Bruylants, ingénieur chimiste, professeur à l’école polytechnique de l’ULB.

Selon les premières estimations encore peu précises, les chercheurs tablent sur la récupération d’une une dizaine de kilos d’or, d’une petite centaine de kilos d’argent et d’un demi-kilo de platine.

Il ne faut pas oublier que le prix du métal ne va faire qu’augmenter. Il arrivera donc un jour où le coût du traitement sera inférieur aux bénéfices produits par celui-ci

C’est grâce à des bactéries que ces chercheurs pensent pouvoir extraire les métaux de ces boues. Des métaux dont les sources traditionnelles seront épuisées d’ici une vingtaine d’années. Ce procédé de récupération présente donc un double intérêt: économique et écologique. "Il ne faut pas seulement considérer de manière très froide, par calcul, la valeur représentée par ces métaux, qui effectivement, à l’heure actuelle, au prix du métal, ne justifie probablement pas la mise en œuvre du procédé qui va coûter plus cher que ce que le métal ne va rapporter. Mais le coût lié au traitement de ces boues va dans le même temps être supprimé parce qu’on va les transformer en une ressource plutôt qu’en déchet comme elles le sont à l’heure actuelle. Et puis il ne faut pas oublier que le prix du métal ne va faire qu’augmenter. Il arrivera donc un jour où le coût du traitement sera inférieur aux bénéfices produits par celui-ci".

Ces boues d’égout ne sont pas encore le nouvel Eldorado mais elles pourraient le devenir. Ces scientifiques espèrent en tout cas que leur technique sera au point d’ici 5 ans.

Direct d'Alexis Gonzalez dans notre journal télévisé de la mi-journée (28/10)

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