Opéra Royal de Wallonie-Liège: Speranza Scappucci va diriger "Aïda" pour la première fois

"Aïda", l’œuvre de Giuseppe Verdi, un grand classique de l'opéra, sera à l'affiche de l'Opéra Royal de Wallonie à Liège à partir de ce mardi 26 février et pour dix représentations étalées jusqu'au 14 mars prochain.

Le directeur de l'ORW, Stefano Mazzonis di Pralafera, assure la mise en scène de ce drame amoureux sur fond de guerre dans l’Égypte antique.

Speranza Scappucci, la directrice musicale de l'opéra liégeois depuis la saison 2017-2018, dirigera l'orchestre. C'est la première fois de sa carrière qu'elle sera à la baguette pour cet ouvrage.

"Ce sont les théâtres qui nous offrent les choses. Ce n'est pas nous qui choisissons.", explique le Maestro Speranza Scappucci, "Avant, je n'ai pas eu l'opportunité. A Liège, quand j'ai décidé de devenir directeur musical, il y avait déjà dans le planning une "Aïda" et j'étais libre, donc c'est pour ça que je la dirige."  

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Photo des répétitions d'Aïda © RTBF - Martial Giot

"Aïda" est connu, au moins partiellement, même par un public qui ne fréquente pas les salles d'opéra. Quand on aborde cet ouvrage dans la perspective de le diriger, y découvre-t-on des choses qu'on n'avait pas forcément vues auparavant ?  "Comme musicien, on doit toujours chercher des choses dans les partitions.", explique Speranza Scappucci, "Comme pianiste, dans ma carrière avant de diriger, j'ai joué beaucoup de fois "Aïda". Mais, naturellement, quand on étudie la partition d'orchestre, la partiture d'orchestre, on découvre des choses incroyables dans ces partitions. On doit toujours chercher des nuances, les petits détails. Par exemple, c'est un opéra dont, naturellement, parce qu'il y a la grande scène du triomphe, tous les gens pensent que c'est une œuvre triomphale. Mais en fait, à part cette scène du triomphe, le reste de l'opéra, ce sont des dialogues entre deux personnes qui s'aiment, deux personnes qui sont jalouses l'une de l'autre. Entre la fille et le père, ce sont des dialogues normaux, intimes... Et la partition est pleine de pianissimi, simi, simi, simi... C'est l'antithèse du triomphe en réalité cet opéra. Il y a seulement cette grande scène dans le deuxième acte, mais le reste de l'opéra est très intime."

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Stefano Mazzonis di Pralafera (à droite) au cours des répétitions © Opéra Royal de Wallonie-Liège

Lorsqu'un ouvrage est aussi populaire, la responsabilité est-elle différente? "Oui.", répond Speranza Scappucci, "Comme toujours, avec les œuvres que les gens connaissent beaucoup, c'est une grande responsabilité parce qu'on doit tenir compte de la tradition mais on doit aussi chercher à faire un travail qui respecte la partition, si Verdi a écrit une chose d'une certaine manière... Par exemple: le deuxième ténor de notre distribution, il est arrivé d'Amérique pour sauver le spectacle parce que l'autre est malade, je n'ai pas eu la possibilité de répéter avec lui, il a chanté un aigu qui n'est pas écrit dans la partition et je suis allée lui dire: "Écoute, nous on va faire ce que Verdi a écrit, donc on ne va pas faire cette note." Il ne savait pas, parce que, naturellement, beaucoup de fois on fait des choses qui ne sont pas écrites... Et on pense qu'on doit forcément le faire comme ça, mais on doit aussi respecter ce que le compositeur a écrit." 

Tout en respectant ce que Verdi a écrit, Speranza Scappucci compte-t-elle donner une touche personnelle? "J'espère.", réplique le Maestro, "Mais, quand on dirige une œuvre, on ne doit pas penser à mettre sa touche personnelle, parce que ça va être MA "Aïda". On doit chercher à regarder les notes et se dire "Qu'est-ce que Verdi a voulu faire ici?". Je cherche à interpréter, je cherche à trouver une vérité, mais je ne saurai jamais si c'est correct ou pas... Je cherche seulement à respecter ce qui est écrit. Donc, forcément, ça va être personnel, mais ça ne doit pas être l'"Aïda" de Speranza Scappucci, ça doit être l'"Aïda" de Giuseppe Verdi."            

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Photo des répétitions © RTBF - Martial Giot
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