Opaline Meunier: "Tant que l'on aura une majorité absolue à Mons, il ne pourra pas y avoir de pluralisme"

Opaline Meunier a-t-elle jeté un pavé dans la mare montoise ? L'ex-présidente du syndicat des étudiants francophones (Unecof) et actuelle déléguée générale à la société civile pour le cdH a rejoint la liste d'ouverture... du libéral Georges-Louis Bouchez, "Mons en mieux". Alors que son propre parti a décidé, ce mardi soir, de lancer sa propre liste d'ouverture, et donc de ne pas rejoindre "Mons en mieux", comme l'avait proposé Opaline Meunier. Invitée sur Matin Première, elle affirme pour autant ne pas s'éloigner du parti humaniste.

"Il y a une décision souveraine de la locale, en pleine autonomie du parti. Concrètement je vais aux élections sur une listes intérêts communaux avec plusieurs interpartis, pour créer une liste alternative."

Et d'expliquer ses motivations : "A l’heure actuelle, il faut pouvoir admettre que les lignes bougent, et qu’il y a une nouvelle manière d’envisager la politique. Je me sacrifie peut-être sur l’autel de mon idéal, mais j’espère beaucoup, à l’avenir, au lieu de parler de dynamique globale, de parler de projet. C’est une vision de la ville à laquelle je crois".

"Je sais me regarder dans le miroir. Je reste 100% cdH. Je vais pas au MR. Je respecte le choix de la majorité du cdH montois, mais je veux me battre pour un projet auquel je crois. Le renouveau politique, c'est se battre pour des projets auxquels on croit, et ne pas suivre des dynamiques encartées, figées."

Et de se positionner sur l'évolution du système démocratique : "Je crois que les partis vont évoluer vers une une structure plus horizontale, plus saine, plus transparente. Des lignes vont bouger".

Différencier son rôle pour le parti et pour Mons

Quelle est la position du président de parti, Benoît Lutgen, face à cette situation ? Celle que certains considèrent comme l'étoile montante du cdH affirme qu'il différencie son engagement au cdH, et celui pour la ville de Mons. "On me demande d’amener des idées de la société civile au sein du parti, et Benoît Lutgen fait la part des choses avec mon engagement à Mons. Il soutient unilatéralement la section."

Derrière la liste "Mons en mieux", certains voient une manière de détrôner Elio Di Rupo. "L'objectif, c'est d'amener une vision pluraliste à Mons." Revenant sur le conseil communal houleux de lundi dernier, où la majorité PS-cdH a décidé d'enlever à l'ordre du jour toutes les motions MR, provoquant la colère dans les rangs de l'opposition. "Concrètement, c'est le fait qu'à l'heure actuelle, tant que l'on a une majorité absolue, on se retrouve avec des situations comme lundi dernier où l'opposition ne pouvait même plus déposer des propositions. Et j'ai dit à mon parti que je n'étais pas d'accord avec ça. Et je comprends le ressenti, et les raisons pour lesquelles ils ont fait ça, mais moi mes valeurs me disent que tant que l'on a une majorité absolue à Mons, on ne pourra pas amener un équilibre réel. Peu importe les partis qui seront partenaires dans la majorité, il ne pourra jamais vraiment y avoir un pluralisme."

Déjà candidate sur une liste "citoyenne" en 2012

Se présenter à une élection communale n’est pas une première pour Opaline Meunier qui, aux élections communales de 2012 figurait déjà sur la liste du bourgmestre sortant à Estinnes. Baptisée EMC, cette liste se présentait pour une "Majorité Citoyenne". Elle était alors dirigée par Aurore Tourneur, première échevine sortante. A 19 ans, Opaline Meunier occupait la 15ème place dans une liste de 19 candidats.

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