Olivier Strebelle : lancement du classement de la maison, de l'atelier et du jardin du sculpteur belge le plus connu au monde

Olivier Strebelle, dans son atelier d'Uccle, préparant une sculpture pour les Jeux olympiques de Pékin en 2008.
Olivier Strebelle, dans son atelier d'Uccle, préparant une sculpture pour les Jeux olympiques de Pékin en 2008. - © ERIC VIDAL - BELGA

La maison personnelle, l’atelier, le mobilier, le jardin, les statues dont certaines monumentales… D’ici peu, l’ensemble du 586 de l’avenue Dolez à Uccle sera classé et protégé, comme l’annonce un arrêté du gouvernement régional bruxellois adopté en février dernier. C’est là, à quelques mètres de la frontière flamande, que pendant près de 60 ans, le sculpteur bruxellois Olivier Strebelle a conçu ses réalisations les plus notables comme les plus confidentielles.

Décédé en 2017, Olivier Strebelle a certainement été le sculpteur belge le plus connu au monde. Pour les Jeux olympiques de Pékin en 2008, il réalise l’œuvre "l’allée des athlètes" (100 mètres de long tout de même). A Moscou, trône son "Enlèvement d’Europe" sur la place de l’Europe. A Singapour, on retrouve son "Between sea and sky". Lors d'une grande exposition de ses œuvres organisée en 2001 à Paris et en plein air, la presse le surnomme le "Picasso belge".

En Belgique, Olivier Strebelle a été prolifique. A Bruxelles, Anvers, Namur, Courtrai, Louvain-la-Neuve : "De Flight in mind" à l’aéroport de Zaventem, à "Phoenix 44" avenue Louise, en passant par les girouettes de l’UCL, le cheval de Bayard le long de la Meuse, "Confluences" au Parlement européen : Strebelle a laissé plusieurs témoignages partout dans le pays.

La demande de classement du 586 de l’avenue Dolez, dans le quartier d’enfance de Strebelle, émane de la commune d’Uccle et a fait l’objet d’un avis favorable de la Commission des monuments et Sites. "Cette maison et atelier ont été construits en deux phases par l’architecte André Jacqmain : la maison en 1955, puis une extension pour l’atelier (NDLR : de sculpture) en 1958. L’aménagement du jardin a bénéficié d’un soin paysager particulier. Une rampe privée à partir de l’avenue Dolez (en face du n° 513) assure l’accessibilité à cette maison et atelier", indique la commission.

La maison-atelier de Strebelle est un tout. "Depuis l’extérieur, les volumes semblent volontairement ensevelis sous un amas de plantes, d’arbres et de roches, aussi riche que confus", décrit la revue "Bruxelles patrimoine" dans un dossier consacré à cette maison dont le jardin regorge d’espèces d’arbres venus du monde entier. "À l’intérieur de l’édifice, le dessin de l’architecture ne se distingue pas non plus aisément. Le regard happé par l’abondance d’œuvres et d’objets qui orne, mais aussi déborde des éléments de mobiliers dessinés par Wabbes, le visiteur arpente l’espace de la maison sans le voir."

La revue ajoute : "Il frappe du pied quelques dalles encombrées de sculptures, se guide de la main le long des vitrines de coquillages et des étagères surmontées de céramiques, descend un triolet de marches et puis un autre encore. Sans s’en être rendu compte, le voilà déjà sous la voûte de brique au niveau inférieur de l’ancien atelier. Il s’engouffre alors entre deux murs épais dans un passage qui semble secret, pour déboucher, confus, dans le volume en double hauteur du second atelier."

La maison est à l’image de son célèbre occupant, disparu à l'âge de 90 ans. "Durant 60 ans, cette maison demeure le point d’ancrage du sculpteur dont l’existence est mêlée de voyages et de rencontres, de mariages et d’autant de divorces, de naissances et de départs."

Une maison et un jardin que les émissions "50 degrés nord" ainsi que "Jardins et Loisirs" ont eu l’occasion de visiter.

Le lieu accueille également l’atelier du frère d’Olivier Strebelle, l’architecte Claude Strebelle. Construit en 1973, celui-ci est également repris dans la procédure de classement.

 

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