Olivier Maingain va recycler "l'argent sale de l'échevin surnuméraire"

Olivier Maingain a toujours dit qu'on n'achète pas un mandat politique, or aujourd'hui il prend l'échevin et l'argent
Olivier Maingain a toujours dit qu'on n'achète pas un mandat politique, or aujourd'hui il prend l'échevin et l'argent - © Belga

La commune de Woluwe-Saint-Lambert s'apprête à verser de l'argent à Zaventem. Olivier Maingain, bourgmestre et président du FDF, a trouvé une astuce pour soutenir financièrement les francophones de cette commune flamande sans facilités, en périphérie bruxelloise. Certains appelleront cela une entourloupe, d'autres une provocation.

Olivier Maingain annonce qu'il va suivre une règle qu'il a toujours décriée, à savoir celle de "l'échevin surnuméraire". À Bruxelles, les néerlandophones ont parfois trop peu de voix pour devenir échevin dans leur commune. Alors pour garantir que l’on les entend tout de même, un marché est proposé aux communes : elles reçoivent de l'argent si elles se dotent d'un échevin en plus, un échevin flamand. Presque toutes à Bruxelles ont ajouté un siège dans la salle du collège, mais pas Woluwe-Saint-Lambert. "Pas de cela dans ma commune" a toujours dit Olivier Maingain. "On n’achète pas un mandat". Pourtant, aujourd'hui, il prend et l'échevin et l'argent. Et il justifie : "Nous allons, si je puis dire, recycler cet argent sale pour une bonne cause. Nous allons très directement parrainer le groupe des élus francophones de Zaventem. Vous savez qu’à Zaventem, il y a 30% de francophones. Or, cette population ne bénéficie d’aucun droit équivalent à ceux reconnus aux flamands de Bruxelles. Et bien, Woluwe-Saint-Lambert va prendre des initiatives pour soutenir par exemple le réseau d’une bibliothèque francophone à Zaventem. L’argent venant des deniers de Juda servira au moins pour une bonne cause."

Une bonne partie de ces quelque 300 mille euros annuels offerts à Woluwe pourrait donc être reversée à Zaventem.  Et a priori c'est légal, de la même façon que des communes parrainent des projets en Afrique, ou en Amérique latine.

C'est en tout cas un pied de nez politique à la commune de Zaventem, très attachée au caractère flamand de son territoire et à cette règle de l'échevin surnuméraire. Elle est censée permettre d'entendre mieux les néerlandophones de Bruxelles, ici ce sont les francophones de périphérie qui seront mieux entendus. Et puis, le comble : qui choisira les projets francophones à soutenir à Zaventem ? Réponse d'Olivier Maingain: ce sera la tâche de notre échevin flamand.

Myriam Baele

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