Militants d'Extinction Rebellion délogés par la police: "Des indications que tout ne s'est pas passé conformément aux règles"

La police bruxelloise a interpellé 435 militants d'Extinction Rebellion ce samedi sur la place des Palais et la place royale. Sur ces 435 interpellations, 317 sont des arrestations administratives. 118 personnes ont été embarquées au commissariat pour identification avant d'être libérées. Les derniers activistes ont été relâchés vers 3h dans la nuit de samedi à dimanche.

"C'est beaucoup d'arrestation. Ceci dit il s'agit d'une occupation [...] Il y a eu des tentatives de concertation avec l'organisateur avant l'événement", déclare Olivier Slosse, porte-parole de la zone de police Bruxelles-capitale/Ixelles au micro de la RTBF.


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Olivier Slosse précise que la police a toléré la présence des militants d'Extinction Rebellion pendant quatre heures. "Puis vu le nombre de personnes qui se trouvaient là-bas et la taille de la place [royale], on estimait qu'il était possible en toute sécurité de rétablir la circulation pour les transports en commun. Ce qui a été refusé et on a reçu le message que l'occupation allait durer 48 heures. C'est ce qui a initié la décision de mettre un terme à l'occupation."

Interrogé par nos confrères de l'agence Belga, le porte-parole reconnait qu'"il y a effectivement des indications que tout ne s'est pas passé conformément aux règles. Ce que les images montrent n'est certainement pas ce qui est prescrit. Cela fera l'objet d'une enquête."

Un enfant de deux ans a reçu du gaz lacrymogène dans les yeux

Sur les réseaux sociaux, Extinction Rebellion dénonce la violence de l'intervention policière. Les forces de l'ordre ont notamment fait usage d'une arroseuse et de gaz lacrymogènes.

"On était en train de tenir des assemblées populaires pour demander aux participants quelles étaient leurs intentions. On a demandé un peu de temps à la police pour pouvoir leur transmettre la réponse des participants. A aucun moment ils n'ont annoncé clairement aux participants de l'action qu'ils comptaient utiliser le canon à eau et les gaz lacrymogènes [...] un enfant de deux ans a reçu du gaz lacrymogène dans les yeux", nous explique Sarah, porte-parole d'Extinction Rebellion.

Le mouvement réagit aussi par la voie d'un communiqué.

"Alors que l'état belge ne parvient pas à solutionner la crise climatique actuelle, des centaines de personnes se sont rassemblées pour trouver des solutions lors d'assemblées populaires pacifiques. Nous avons été confrontés à une réaction extraordinairement brutale et dangereuse de la part de la police, qui a utilisé son canon à eau anti-émeute et a aspergé de gaz au poivre des familles."

Benoit Hellings (Ecolo), Premier Echevin de la ville de Bruxelles, a dénonce la violence de l'intervention policière ce dimanche. "Cette violence pose une grave question qui mérite des réponses, écrit-il sur sa page Facebook.

Rajae Maouane, la coprésidente d'Ecolo, exprime elle aussi son incompréhension vis-à-vis de la réaction de la police de la zone Bruxelles/Ixelles. "On a vu que la violence utilisée était totalement disproportionnée et excessive par rapport au contexte de la manifestation. [...] Nous étions dans un contexte de manifestation postive avec des manifestants qui étaient pacifiques, dans la bonne ambiance", estime-t-elle au micro de la RTBF.

 

Intervention musclée

Samedi, le mouvement Extinction Rebellion a occupé la place des Palais, puis la place royale toute proche. Objectif : y organiser des débats citoyens sur les enjeux climatiques et environnementaux. En fin d'après-midi, plusieurs centaines de personnes ont été délogées de manière musclée à l'aide notamment d'une auto-pompe et de gaz lacrymogènes. Ci-dessous des images tournées lors de l'intervention policière par un journaliste de l'AFP. 

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