Numéro vert pour les détenus des prisons d'Ittre et de Nivelles : "une soupape de sécurité"

Un numéro d'appel gratuit pour les détenus (Illustration)
Un numéro d'appel gratuit pour les détenus (Illustration) - © © NICOLAS MAETERLINCK

Dans les prisons, le confinement se traduit par des visites annulées, des sorties au préau écourtées et l’impossibilité de mettre en place des activités pour les détenus. Ces derniers n’effectuent d’ailleurs plus les petits travaux au sein de leur établissement, qui leur permettaient d’obtenir un petit revenu, utile notamment pour passer des coups de téléphone Complétement coupés du monde extérieur, les détenus des prisons d’Ittre et de Nivelles peuvent depuis une semaine appeler un numéro vert, et donc gratuit, mis en place par le centre d’action laïque du Brabant wallon. "Depuis le début du confinement, un numéro vert leur permet d’entrer en contact avec nos conseillers moraux, qui ne peuvent plus se rendre dans les prisons du pays. Mais les présidentes des comités de surveillance des prisons d’Ittre et Nivelles ont entre-temps demandé s’il n’était pas possible de mettre en place le même type d’initiative pour maintenir un contact avec leurs membres", explique Serge Vandervorst, vice-président du Centre d’action laïque du Brabant wallon. Depuis une semaine, le 0800 82 089 est donc opérationnel pour les détenus des deux établissements.

Le confinement en cellule, c’est une usine à fabriquer des problèmes majeurs

A l’autre bout du fil, des membres du comité de surveillance des prisons : avocats, magistrats, psychologues… qui se relaient pour assurer la permanence. "Nous sommes parvenus à le mettre en place en deux jours", se réjouit Serge Vandervorst. Il voit ce numéro comme une "soupape de sécurité", pour éviter que des tensions dues au confinement n’apparaissent dans ces établissements jusqu’ici relativement épargnés. "Si vous confinez des gens en cellule pendant plusieurs jours, c’est une usine à fabriquer des problèmes majeurs. Ne fut-ce que pour raconter leurs états d’âme et faire part de leurs éventuels problèmes à quelqu’un de l’extérieur, c’était utile", poursuit-il. Les interlocuteurs ont ainsi la possibilité de relayer des messages vers la famille, l’avocat ou l’assistant social du détenu. Certains utilisent aussi la ligne pour dénoncer des situations comme l’absence d’accès aux douches. Plusieurs dizaines d’appels ont déjà été reçus depuis la mise en place du numéro. Il restera accessible jusqu’à la fin du confinement et le moment où les visites et les activités pourront reprendre.
 

 

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