Nuisances des avions: riverains, Régions, fédéral... tous les acteurs concernés se font taper sur les doigts

L'État et ses différents gouvernements, les Régions, la justice, mais aussi les riverains, aucun acteur n'est épargné dans le premier chapitre de l'étude d'incidence sur les nuisances sonores de l'aéroport de Bruxelles, que Le Soir s'est procuré. "Aurait pu mieux faire", est la conclusion.

Selon le consultant qui a rédigé l'étude, les plaintes et les revendications parfois contradictoires de diverses associations de riverains amèneraient les responsables politiques à prendre des décisions non rationnelles.

Mais les riverains nient être la cause du problème. "Nous avons une plateforme de 14 associations qui sont toutes d'accord sur un point essentiel: la suppression des vols de nuit et l'allongement de l'horaire de nuit, c'est-à-dire pas de vols avant 7h du matin," assure Antoine Wilhelmi, porte-parole du mouvement 'pas question'.

"Les associations ne sont évidemment pas d'accord sur le choix des routes aériennes, puisque tout le monde veut se les renvoyer à gauche ou à droite", ajoute-t-il. "Mais la seule manière de gérer le problème est que le politique applique les principes internationaux d’évitement des zones densément peuplées et mette en places des routes aériennes qui survolent le moins de monde possible".

Incohérence dans la gestion du dossier

Le rapport épingle aussi le politique qui gère la question des nuisances sans évaluer correctement les mesures prises ni se baser sur les normes les plus généralement acceptées. Il épingle également le Fédéral et les Régions, incapables d'arriver à une gestion cohérente du dossier, ainsi que la faible collaboration entre les parties concernées, la mauvaise communication avec les riverains et l'absence de considérations environnementales.

"Il y a un acteur qui ne prend pas de mesure d'aménagement du territoire, un deuxième acteur qui prend des normes de bruit trop sévères, un troisième acteur qui ne fait pas d'étude d'incidence... on est dans un melting pot assez compliqué que je n'ai cessé de dénoncer dans mes rapports", explique Philippe Touwaide,  le médiateur de l'aéroport de Bruxellles.

En tout, 237.875 riverains de l'aéroport ont été impactés, rien que pendant la nuit. La réalisation de ce rapport a été imposée par la justice en juillet 2017. C'est la société de consultance française Envisa qui a été choisie. Le premier chapitre a été présenté par le ministre MR de la Mobilité, François Bellot, en intercabinet. La suite, avec les recommandations dressées par les experts français, devrait être livrée vers le mois d'avril.

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