Nouvelles urgences d'Ambroise Paré: "les lits dans le couloir, c'est fini"

L'accès aux urgences se fera par le bd Kennedy, via une nouvelle entrée en sous-sol
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L'accès aux urgences se fera par le bd Kennedy, via une nouvelle entrée en sous-sol - © S. Vandreck

Le CHU Ambroise Paré de Mons vient d'inaugurer ses nouveaux services des urgences et des soins intensifs. Ils accueilleront leurs premiers patients dès le 31 mars et le 1er avril prochains. Ces services n'augmentent pas seulement leur superficie: davantage de confort et de sécurité seront offerts aux patients et au personnel.

Conçu au départ pour accueillir une soixantaine de patients, le service des urgences de l'hôpital montois en admet en moyenne 130 chaque jour. Et les jours de grosse affluence, cela peut monter jusqu'à 180 admissions. A un tel point que certains malades doivent attendre dans le couloir: "Les conditions de travail étaient devenues impossible pour le personnel infirmier, comparables à celles qu'on peut voir dans certains pays en voie de développement, raconte le Dr. Vincent Czajkowski, chef du service. Des soins infirmiers étaient donnés dans le couloir, les patients étaient examinés et diagnostiqués au vu et au su des autres patients".

Tri des patients et tableau d'attente dynamique

Pour remédier au problème, la superficie du service a donc été plus que triplée: les nouvelles urgences s'étendent désormais sur 1700 m². L'accès se fera par une nouvelle entrée, en sous-sol. On y accède directement depuis le boulevard Kennedy. Il s'agit d'un système de "dépose-minute", tant pour les ambulances que pour les accompagnants des patients. A partir de là, les patients seront accueillis et orientés par une infirmière, chargée d'opérer une sorte de "tri" entre les cas les plus graves et ceux qui relèvent de la "bobologie", qui représentent près de 80% des admissions. "On ne va pas raccourcir le délai d'attente pour le patient, mais le lui faire comprendre", explique le chef de service. Pour cela, un système de tableau dynamique a été installé. L'anonymat du patient sera garanti par un numéro, qui lui permettra de vérifier où il se trouve dans la file. Les examens prévus pour lui seront affichés sous forme de pictogrammes. "Il verra parfois des numéros passer avant lui, car le degré d'urgence le justifie. On n'est pas dans une file d'attente de boucherie mais une file d'attente dynamique", précise le médecin.

Les enfants auront leur propre salle d'urgences pédiatrique. Une salle avec des fauteuils médicaux permettra d'accueillir les patients qui n'ont pas besoin d'être alités. Deux salles de suture, deux cellules d'isolement psychiatrique, trois salles de déchoquage, 8 lits d'hospitalisation provisoire... la plupart des équipements ont été doublés. "L'exiguité des locaux rendait le travail du personnel infirmier particulièrement tendu, avec des patients qui n'arrangeaient rien. On en arrivait parfois à une tension verbale, voire physique", ajoute le Dr. Czajkowski.

Des chambres individuelles aux soins intensifs

De nouvelles installations ont aussi été inaugurées au service des soins intensifs. Là aussi, la superficie a été triplée. Les 12 chambres se répartissent tout autour du service. Elles sont toutes individuelles, ce qui était loin d'être le cas dans l'actuel service. "Les patients sont l'un à côté de l'autre, juste séparés par un rideau, explique le Dr Alain D'Hondt, chef de service. Vous n'avez aucune intimité. Et la promiscuité est parfois propice au développement des infections". Les chambres sont plus spacieuses, lumineuses, équipées d'un système de monitoring individuel de nouvelle génération: il permet entre autres de mesure le taux d'hémoglobine sans devoir procéder à une prise de sang. Un système de pressurisation dans certaines chambres permet aussi de minimiser le risque de propagation des infections.

Le service déménagera le 1er avril prochain. Mais pour le Dr D'Hondt, tout a été prévu pour que cela se passe dans les meilleures conditions possibles: "Tout le personnel médical et infirmier sera là. Une équipe médicale complète sera présente de chaque côté. Chaque patient sera pris en charge par un médecin pendant le transfert". Le service des urgences déménagera quant à lui le 31 mars: les patients seront accueillis dans les nouveaux locaux dès 8h du matin. Mais ceux qui souhaitent déjà se familiariser avec ces nouvelles infrastructures pourront les visiter ce dimanche 22 mars, entre 10h et 16h.

Stéphanie Vandreck

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