Nouvelle étape dans l'enquête sur le crash de Gelbressée

Parmi les familles des victimes,  nombreux sont ceux à ne pas croire à la thèse de la manoeuvre acrobatique.
Parmi les familles des victimes, nombreux sont ceux à ne pas croire à la thèse de la manoeuvre acrobatique. - © BRUNO FAHY - BELGA

Dix parachutistes et un pilote, membres du Paraclub de Namur, avaient perdu la vie dans ce terrible accident. Après des semaines d’attente, plusieurs proches des victimes ont obtenu l’autorisation de consulter le dossier d’instruction.

Quelques mois seulement après le crash de l’avion du Paraclub de Namur, des experts en aéronautique et le parquet avaient avancé la thèse d’une manœuvre acrobatique très périlleuse pour expliquer la rupture d’une aile et la chute de l’appareil. C’est le pilote qui serait responsable de l’accident. Mais ce scénario, ils sont nombreux à ne pas y croire parmi les proches des victimes. Certains se sont constitué parties civiles et ont demandé à pouvoir consulter le dossier. La juge vient de donner son feu vert à plusieurs d’entre eux. Ils vont désormais pouvoir se plonger dans l’enquête, prendre connaissance des nombreux témoignages et du rapport d’expertise judiciaire réalisé par un expert en aéronautique à la demande du parquet.

Information et contradiction

En autorisant les familles à examiner le dossier, la justice a un double objectif. D’abord, informer les parties civiles. Ensuite leur permettre de porter la contradiction. Si des éléments leurs paraissent douteux, si elles estiment que certaines pistes n’ont pas été suffisamment explorées ou si les conclusions des spécialistes en aéronautique ne les convainquent pas, les parties civiles pourront demander des devoirs d’enquête complémentaires. Autoriser l’accès au dossier pourrait donc permettre à terme d’apporter de nouvelles pièces, de nouveaux points de vue, de nouveaux indices qui pourraient faire avancer l’enquête.

Concrètement, comment ça se passe ?

Chaque partie civile autorisée à consulter le dossier va recevoir un délai de 48 heures, qui peut être allongé si la personne et son avocat estiment avoir besoin de plus de temps. Selon nos informations, au moins une partie civile a déjà été convoquée : son avocate a commencé à consulter le dossier hier, elle poursuivra son travail aujourd’hui et reviendra encore demain avec sa cliente cette fois pour faire le point. Une précision encore : pendant la consultation, il n’est pas interdit de prendre des notes. Mais avoir accès au dossier ne signifie pas qu’on peut repartir avec sous le bras. L’accès n’est donc pas illimité : tout simplement parce que les enquêteurs eux-mêmes ont besoin du dossier pour poursuivre leurs investigations.

Hugues Van Peel