Nouvelle carrière de Florennes : le permis octroyé à Carmeuse après plus de 20 ans d'attente

Nouvelle carrière de Florennes-: le permis octroyé à Carmeuse crispe les riverains
Nouvelle carrière de Florennes-: le permis octroyé à Carmeuse crispe les riverains - © Carmeuse

C’est un coup dur pour les opposants au projet d’ouverture d’une nouvelle carrière de 113 ha à Florennes (Hemptinne-Saint Aubin) ! Ce mardi, l’asbl CRAC (Comité Régional Anti-Carrière) a reçu une notification d’octroi de permis d’environnement à la S.A. Carmeuse en vue d’ouvrir une carrière supplémentaire dans la zone, deux autres carrières ayant par ailleurs introduit de nouvelles procédures d’extensions (carrière Solvay-Les petons et carrières Calcaires de Florennes-anciennes carrières Berthe).

Le permis octroyé à Carmeuse a été accordé par la ministre wallonne de l’Environnement Céline Tellier et par le ministre régional de l’Aménagement du Territoire et de l’Agriculture, Willy Borsus. Un octroi attendu par Carmeuse depuis de nombreuses années. Et qui pourrait bien faire à nouveau l’objet de nouveaux recours de la part des riverains et peut-être aussi des instances communales.

Les raisons du feu vert

"Nous avons examiné tous les éléments du dossier avant d’octroyer le permis", explique Céline Tellier, ministre régionale de l’environnement. "C’est un dossier de longue haleine, puisque plusieurs demandes avaient déjà été introduites. Notamment auprès de l’ancien ministre Di Antonio qui avait délivré plusieurs permis ayant fait l’objet de recours devant le Conseil d’Etat. Ce que nous avons voulu, c’est prendre la décision la plus équilibrée que possible ; tenir compte des points de vue de l’exploitant, des fermiers et des riverains. Il fallait trouver l’équilibre entre les impératifs économiques et le respect de l’environnement. Je suis ministre de l’environnement, mais je dois aussi prendre en compte l’intérêt du demandeur. Pour les riverains, nous avons mis en place une vérification de l’impact sur la santé. Nous avons prévu des limites claires au niveau des concentrations en silice pour les habitations les plus proches.

La ministre rappelle aussi la mise en place d’un comité d’accompagnement des riverains. "Nous devons vérifier que les conditions imposées par le permis unique seront bien respectées par l’exploitant".

La déception des riverains

Malgré la ténacité de son combat qui dure depuis des années, l’asbl CRAC se dit déçue de la décision d’octroi de permis. "Il y a des conditions à ce permis. Mais en cas de problèmes, il sera trop tard, après coup, pour revenir en arrière, "souligne Cécile Reman, Présidente de l’asbl. "Ces conditions sont très importantes car elles ont trait à la qualité de l’air et de l’eau. Les conclusions des contrôles et des analyses ne seront connues qu’après la réalisation de travaux préparatoires importants, comme l’expropriation de terres agricoles ou la construction d’une ligne de chemin de fer. Ce dernier point a d’ailleurs été le seul élément pris en compte par le Conseil d’Etat ; ce que nous regrettons. Nous pensons donc introduire un nouveau recours pour que les arguments environnementaux soient réellement étudiés."

Recours communal ?

Du coté de la majorité locale de Florennes, la déception des riverains est partagée. "C’est un combat mené par l’ensemble du conseil communal", explique le bourgmestre Stéphane Lassaux. "A de multiples reprises, nous avons combattu ce projet. Nous sommes donc déçus. Et très préoccupés par l’impact environnemental du projet, surtout pour la qualité et la quantité d’eau. Sans oublier la présence de silice dans les poussières. Ce permis comporte des conditions, avec des études programmées dans le temps. Mais il aurait fallu avoir les apaisements avant l’octroi du permis." Le collège se penchera sur le dossier mardi prochain. Avec un possible recours devant le conseil d’Etat.

Carmeuse dit vouloir coopérer

Sans surprise, la société Carmeuse se réjouit de la décision. "C’est l’aboutissement d’un processus qui a été entamé il y a déjà 26 ans," commente Frédéric De Visscher, directeur environnement et patrimoine chez Carmeuse. "Un premier permis nous avait été délivré en 2016 par le ministre Di Antonio. Mais ce permis a été annulé par le Conseil d’Etat le 20 mai dernier. Le motif invoqué était l’absence de permis de bâtir pour la réfection de la voie ferrée par laquelle les pierres de la carrière devront être expédiées. Infrabel, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire, a introduit une demande de permis. Demande suivie par le fonctionnaire délégué. L’illégalité a donc été levée. Ce qu’ont constaté les ministres wallons Céline Tellier et Willy Borsus. Ceci dit, nous voulons dialoguer avec les riverains. Nous allons respecter les conditions qui nous sont imposées et travailler avec tous les acteurs concernés, dont la commune et les riverains. Nous voulons des relations constructives et nous allons travailler dans ce sens. D’où l’importance du comité d’accompagnement. Nous voulons que cette carrière soit à la pointe de la technologie en matière de préservation de l’environnement".

Carmeuse rappelle par ailleurs le volet emploi de son projet. "Nous voulons pérenniser l’emploi sur le site d’Aisemont, à Fosses-la-Ville. Les carrières qui alimentent les fours à chaud de ce site d’exploitation important sont en fin de vie. Il faut donc ouvrir rapidement la nouvelle carrière de Florennes pour préserver l’activité et l’emploi à Aisemont. Au total, il y aurait un millier de personnes concernées par l'activité d'Aisemont et les filières qui en dépendent. De plus, la nouvelle carrière de Florennes impliquera de nouveaux emplois. Il est toutefois trop tôt pour dire combien de personnes nous occuperons sur le futur site".

 

 

 

 

 

 

 

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