"Nous préparons de nouvelles révélations", déclare David Leloup au sujet d'Ogeo Fund

"Nous préparons de nouvelles révélations", déclare David Leloup au sujet d'Ogeo Fund
"Nous préparons de nouvelles révélations", déclare David Leloup au sujet d'Ogeo Fund - © Tous droits réservés

Le procès Ogeo Fund devait débuter mercredi à Liège, devant le tribunal de première instance, mais il n’aura finalement pas lieuOgeo Fund, le fonds qui gère les pensions de plusieurs milliers de Liégeois, réclame 500.000 euros de dommages et intérêts à trois journalistes et à Roularta.


>> Pour mieux comprendre : Ogeo Fund attaque en justice trois journalistes et leur réclame 500.000 euros


David Leloup, invité le Jour Première jeudi matin est l’un des journalistes poursuivis. Il a publié une série d’articles dans Le Vif/L’Express sur les investissements d’Ogeo, les liens avec la N-VA, l’immobilier anversois, et était assigné à comparaître mercredi au procès avec son rédacteur en chef, Thierry Fiorilli, et son confrère, Tom Cochez.

« On a appris hier que l’avocat d’Ogeo Fund, Maître Olivier Louppe, avait, vendredi 5 avril, prévenu vers 18h30 l’huissier qui était chargé de déposer la plainte au tribunal de ne pas aller la déposer. Donc, depuis le 5 avril, ils savent pertinemment bien que ce procès ne devait pas avoir lieu et ne devait pas s’ouvrir hier, mais ils n’ont prévenu nos avocats que la veille à 19 heures », explique-t-il.

L’essentiel de nos enquêtes consacrées à Land Invest Group repose sur des documents, dont certains sont signés par les dirigeants eux-mêmes d’Ogeo Fund

Mais la situation n’est pas claire, l’ont-il retirée ou pas ? Nos journalistes ont essayé de les joindre, mais ils n’ont pas voulu répondre à leurs questions. David Leloup ne paraît pas étonné.

« C’est en phase avec leur politique générale de ne pas parler à la presse, ce qui est assez dramatique, je trouve, surtout lorsqu’on les met en cause à juste titre sur base de documents. L’essentiel de nos enquêtes consacrées à Land Invest Group repose sur des documents, dont certains sont signés par les dirigeants eux-mêmes d’Ogeo Fund. »

Les trois journalistes doivent recevoir, dans les jours qui viennent, une nouvelle citation à comparaître mais devant le tribunal de première instance de Bruxelles, cette fois. Et une hypothèse, pour expliquer cela, circule dans la presse écrite : les avocats d’Ogeo iraient à Bruxelles parce que la justice y est plus encombrée, que ça prendrait plus de temps et qu’il y aurait donc une épée de Damoclès plus longtemps au-dessus de leur tête.

Nous sommes les messagers qui décryptent des documents

Mais concrètement, que leur reproche Ogeo Fund ? D’avoir travaillé à la légère et de ne pas avoir recoupé leurs informations et vérifié les sources ?

« C’est la fiction qu’Ogeo Fund essaye de développer devant le Conseil de déontologie journalistique et devant la justice. Pour moi, c’est une fiction puisque, comme je vous le répète, on travaille sur base de documents dont certains sont signés de la main même des responsables d’Ogeo Fund, aujourd’hui notamment Emmanuel Lejeune. »

Il ajoute : « Ils estiment avoir un préjudice, et c’est vrai, ils ont un préjudice. Ce qu’on publie leur cause un préjudice, on ne va pas tourner autour du pot, mais ce n’est pas de notre faute. Nous, nous sommes les messagers qui décryptent des documents. Les responsables sont les gens qui étaient aux commandes du fonds de pension et qui ont laissé faire les administrateurs de Land Invest à Anvers pour dépenser l’argent des pensionnés liégeois ».

Une vengeance de Stéphane Moreau?

Et selon lui, ces 500.000 euros réclamés sont là pour les faire taire et les intimider. Mais ça ne fonctionne pas pour lui. « Nous continuons, mon confrère Tom Cochez, Thierry Fiorilli, Le Vif/L’Express et Roularta, à décrypter ces documents et nous préparons de nouvelles révélations. »

Mais David Leloup précise avoir l’impression que certains organes de presse hésitent à rebondir et reprendre leurs informations sur cette affaire.

« On a publié huit articles depuis novembre 2018 et il n’y a pas eu une dépêche Belga reprenant nos informations. Soyons honnêtes, il y a eu une brève dans la DH concernant les frais de restaurant ou dans La Libre. »

David Leloup est bien sûr connu pour avoir révélé au grand jour l’affaire Publifin, et il y a clairement un rapport avec Ogeo Fund. « Stéphane Moreau a établi une liste noire de journalistes, elle est connue à L’Avenir, il y en avait quatre et il y en a d’autres dans d’autres médias, et je suis intimement convaincu d’être inscrit en haut de cette liste. »

Une sorte de vengeance. « Moi ça me paraît évident. Évidemment, tout le monde du côté de l’entourage de Stéphane Moreau le niera, mais suite au scandale Publifin, son salaire a quand même été divisé par quatre, et c’est quelqu’un qui est tenace, coriace, et qui règle ses comptes en douce. »

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK