Nostalgie: les photos du viaduc Reyers au moment de sa construction

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Cliquez sur la première photo pour ouvrir la galerie - Les ouvriers au travail - © Bruciel

J-4 avant la destruction effective du viaduc Reyers à Schaerbeek. Bien que des travaux préparatoires aient débuté ce lundi, les ouvriers devraient entrer dans le vif du sujet pendant le congé de Toussaint. L'ouvrage doit finir en poussières pour le 8 novembre. Même si les rampes d'accès ne le seront que plus tard (février 2016). Une nouvelle ère sonne en tous les cas pour tout un quartier.

Un quartier qui subit ce coup de poing urbanistique dans la figure depuis plus de 40 ans. Nous sommes en 1967 lorsque l’État belge au travers de son célèbre ministre des Travaux Jos De Saeger (CVP) décide de construire ce viaduc (nos photos). Nous sommes en pleine période du béton roi et du tout à la voiture. Le carrefour Diamant, Roodebeek et Cerisiers est régulièrement encombré : l'idée est donc de désengorger un périmètre vers lequel débouche l'autoroute E40 (ex-E5). Le projet vise à relier à plusieurs mètres du sol l'avenue de l'Opale à la rue Général Gratry. Le chantier est lancé fin des années 60, le viaduc est mis en service en 1972.

Un viaduc jusqu'à Van Praet

De mémoire de Schaerbeekois, ce viaduc devait même être prolongé au-delà de la place Meiser. Certains parlent d'une descente au croisement avec le boulevard Léopold III (vers la E19), d'autres jusqu'au pont Van Praet. Ce qui est certain : c'est qu'on se souciait guère de l'esthétique et des nuisances pour les riverains, principalement ceux qui en ouvrant leurs fenêtres aux étages se retrouvaient nez-à-nez avec la circulation automobile. Le viaduc Léopold II reliant le quartier Yser à la Basilique de Koekelberg ouvert pour l'Expo 58 était en ce temps-là l'exemple à suivre. L'avenir donnera tort aux politiques à l'origine de ces mastodontes routiers.

Le viaduc Léopold II a été démantelé dès 1984 pour être remplacé après coup par un tunnel. D'ici quelques jours, le viaduc Reyers ne sera plus qu'un souvenir. Reste le viaduc Herrmann-Debroux qui coupe la commune d'Auderghem en deux. Le bourgmestre empêché Didier Gosuin (FDF) plaide depuis toujours pour sa destruction. Mais la Région bruxelloise (dont il a pourtant géré quelques ministères entre 1989 et aujourd'hui) ne lui a pas encore répondu favorablement. Un viaduc mammouth subsiste encore aux portes de Bruxelles, c'est celui de Vilvorde, sur le ring de Bruxelles, en territoire flamand. Aucun projet de destruction n'est à l'ordre du jour. En 2011, la Région flamande procédait même à sa rénovation complète.

Le coup d'éclat de Pascal Smet

Rénovation, c'est ce qui était initialement prévu initialement pour le viaduc Reyers. Mais souvenez-vous : nous sommes au début de l'été 2014 et les élections régionales viennent d'avoir lieu; Pascal Smet (sp.a) revient aux affaires ministérielles à Bruxelles et hérite des Travaux publics. Au cœur de l'été, on apprend que le viaduc est en piteux état et qu'une rénovation coûterait bien plus cher (trois millions) qu'une destruction.

Début août, Pascal Smet annonce la nouvelle : le viaduc sera démoli. Un coup d'éclat politique pour une première sortie médiatique de la part du tout frais ministre. Même il faut rendre à César ce qui lui appartient: depuis plusieurs années, les politiques locaux schaerbeekois faisaient pression pour abattre le Reyers. Et avant eux, les comités de quartier soutenus par l'Arau (Atelier de recherche et d'actions urbaines). Leurs appels ont été enfin entendus. Un peu tard, mais entendus malgré tout.     

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