Nos vieux dépotoirs sont des "mines d'or"

L'entreprise Nonet veut aller chercher des matières premières parmi les déchets enfouis dans l'ancienne décharge d'Onoz, à Jemeppe-sur-Sambre.
L'entreprise Nonet veut aller chercher des matières premières parmi les déchets enfouis dans l'ancienne décharge d'Onoz, à Jemeppe-sur-Sambre. - © RTBF - Flou

"Je ne crois pas qu’on va trouver des lingots d’or dans la décharge d’Onoz, plaisante Emmanuel Nonet. Mais si nous voulons creuser, c’est parce que nous savons qu’elle recèle des tonnes de matières récupérables."

L’entreprise Nonet vient de déposer une demande de permis pour exploiter cette décharge publique refermée il y a plus de 20 ans. A l’époque, le secteur était très peu réglementé et on déversait un peu tout et n’importe quoi dans les décharges. "Dans les années 70 et 80, j’ai vu le ballet incessant des camions et des remorques passer devant chez moi, témoigne un vieil habitant. Il y a vraiment de tout là en dessous".

Divers sondages réalisés par la Spaque, la Société wallonne de gestion des déchets, ont permis de caractériser et même de quantifier les déchets ensevelis, l’équivalent de 100 piscines olympiques en volume.

"Nous estimons qu’il y a environ 180.000 tonnes de cendres de charbon qui proviennent de la combustion de centrales électriques. A l’époque, c’était un déchet industriel, mais aujourd’hui c’est une matière première valorisable. Elle intéresse des anciennes centrales au charbon reconverties en centrales biomasses." On y trouve aussi 50.000 tonnes de chaux utilisable dans la fabrication de matériaux de remblais pour le secteur de la construction ou des travaux publics.

Des métaux très recherchés pour fabriquer les GSM

Cette exploitation d’une décharge, un peu à la manière d’une mine de charbon ou d'un gisement de minerai, serait une première en Wallonie. "Le potentiel de notre territoire est considérable, explique Claudia Neculau, responsable de projets à la Spaque. Il y a au moins 1000 anciennes décharges répertoriées. Certaines recèlent même des métaux très recherchés actuellement pour la fabrication des GSM."

Mais économiquement, la seule valorisation des anciens déchets n’est pas suffisante pour couvrir le coût de la réouverture et de l’exploitation d’une ancienne décharge. Dans le projet Nonet, l’entreprise, active dans les travaux publics et le terrassement, compte dégager un espace de stockage pour de nouvelles terres excavées.

"Mais il est parfois possible de valoriser le terrain autrement, explique Claudia Neculau, par exemple en installant un champ de panneaux photovoltaïques ou même en y construisant des bureaux, comme je l’ai déjà vu aux Pays-Bas."

La Spaque participe à un projet européen de recherche (Rawfill) qui met au point une méthode permettant d’inventorier, parmi toutes les anciennes décharges, celles qui présentent un tel potentiel d’exploitation. Dans cet esprit, les dépotoirs deviennent des gisements de matières premières. C’est une révolution copernicienne.

 

 

 

 

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