Non, quatre organisateurs du faux festival "La BOUM" n’ont pas été arrêtés

Des publications sur Facebook et Instagram mises en ligne ce lundi 29 mars indiquent que quatre organisateurs du faux évènement "La BOUM" organisée symboliquement au Bois de la Cambre auraient été arrêtés. La police dément formellement que ces arrestations aient eu lieu.

Ce lundi, des internautes ont publié des posts évoquant l’arrestation de quatre organisateurs du faux festival "La Boum". Selon l’un d’eux, "plusieurs arrestations se sont déroulées ce matin vers 9h15 à Bruxelles visant les initiateurs d’un canular numérique intitulé #LaBoum. Cet évènement qui a pris des proportions gargantuesques a probablement fait peur aux autorités. Nous vous donnerons plus de news durant la journée".

La BOUM avait attiré l’attention des internautes en proposant sur sa page Facebook un festival gratuit avec huit scènes et DJ’s dans le Bois de la Cambre, le tout, proposé gratuitement.

Un évènement qui a forcément attiré un grand nombre d’amateurs de musique et de festivals alors que les activités culturelles sont en veille depuis plus d’un an en raison des mesures sanitaires décrétées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Mais programmé un 1er avril, jour du célèbre poisson humoristique.

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© Capture d’écran Facebook

Contacté par la RTBF, le "Community manager" de la page de l’évènement nous a déclaré que quatre des organisateurs ne répondaient plus aux appels depuis ce matin et que d’après les informations à sa disposition, ils auraient été interpellés : "Plusieurs arrestations à Schaerbeek, Uccle et Forest se sont menées ce matin. En cause les initiateurs du faux événement La Boum qui a pris une ampleur phénoménale depuis quelques semaines sur les réseaux sociaux. Un "event" qui regroupe déjà presque 70k personnes et qui aurait lieu le 1er avril au bois de la cambre. Les arrestations se sont passées sans difficulté."


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Des vidéos dans lesquelles des images présentées comme celles des arrestations des organisateurs circulent également sur la page de l’évènement. L’une d’elles, présentée comme étant des images de l’arrestation de l’un des organisateurs à Schaerbeek semble avoir été plutôt filmée dans le centre-ville de la capitale.

Démenti formel de la police

Interrogée sur ces arrestations présumées, la porte-parole de la zone de police de Bruxelles Ilse Van de Keere dément formellement que les organisateurs du faux évènement aient été arrêtés.

"Plusieurs vidéos rapportant des arrestations présumées ont été postées sur la page facebook "LA BOUM Bois de la Cambre". Nous tenons à démentir cette fake news, aucune arrestation n’a été effectuée par la zone de police Bruxelles CAPITALE Ixelles", indique le communiqué.

"En outre, nous constatons que quelqu’un a utilisé notre identité pour publier des informations totalement incorrectes sur cette plateforme.

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Un procès-verbal sera dressé sur base de falsification de données informatiques pertinentes sur le plan juridique par manipulation de données", précise encore la communication officielle de la zone de police.

Un nouveau canular des organisateurs

Selon toute vraisemblance, après l’annonce de ce faux évènement, voici une nouvelle façon de faire parler de leur initiative pour les organisateurs. Il faut dire qu’ils sont déjà coutumiers des "informations" à prendre avec des pincettes puisque leur faux évènement était présenté comme un festival qui allait se dérouler le 1er avril.

En début d’après-midi, les organisateurs ont reconnu qu’il s’agissait d’un canular : "La Boum est ému, encore une fois on vous a eu. On a surtout pu s’apercevoir la mobilisation que crée la Boum à chaque publication. Voilà encore une magnifique métaphore pour démontrer comment l’information est dangereuse et peut balader les idéaux. Sachez bien que les forces de l’ordre, les politiques, les gendarmes, les décideurs, les ministres ont aussi besoin de respirer. Nous sommes le pays du surréalisme, du rire, nous devons rester unis pour tous ensemble retrouver notre droit de vivre."

Pour rappel, l’article 210bis du code pénal belge indique que "celui qui commet un faux, en introduisant dans un système informatique, en modifiant ou effaçant des données, qui sont stockées, traitées ou transmises par un système informatique, ou en modifiant par tout moyen technologique l’utilisation possible des données dans un système informatique, et par là modifie la portée juridique de telles données, est puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de vingt-six [euros] à cent mille [euros] ou d’une de ces peines seulement".

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