Noir Jaune Blues et après? Uccle, la mobilité passe(ra) toujours par la voiture

Noir jaune blues, et Après? Uccle, la mobilité passe(ra) toujours par la voiture
Noir jaune blues, et Après? Uccle, la mobilité passe(ra) toujours par la voiture - © Tous droits réservés

Autrefois symbole de richesse, la voiture pourrit la vie des habitants de Uccle... Enfin plutôt ses conséquences. Mais elle reste reine, à défaut d'alternative valable. Alors les Ucclois mordent leur volant dans les embouteillages.

Le métro? Il n'y en a pas. L'offre de la STIB? Peut mieux faire. Uccle, c'est un peu le paradis des voitures. Tellement utilisées qu'elles finissent par s'entasser: "On est pas prévenu donc chaque jour on peut découvrir un nouveau chantier qui va vous faire perdre des heures sur votre journée". Géraldine sait de quoi elle parle, elle est agent immobilier, son travail c'est justement de traverser cette grande commune, coincée entre la Flandre et le bois de la Cambre, de part en part et donc, de tomber pile dans les bouchons à chaque instant.

Il faut passer par le pire pour obtenir le mieux

C'est tout le paradoxe de cette commune qui a refusé le métro dans les années 60-70:  elle a toujours tout misé sur l'automobile que ses habitants, plutôt favorisés, peuvent se payer. L'offre de transport en commun y est historiquement moins forte, résultat: dès qu'il y a une fausse note dans cette partition très compliquée, un chantier, un accident, cela donne l'impression que c'est tout l'orchestre qui joue faux: "La commune est moins tournée vers la voiture qu'on ne le pense, explique Françoise Ledune, porte-parole de la STIB. Il y a eu un déclic voici 10 ans et la tendance, en terme de fréquentation, est très bonne même si nous continuons à faire des efforts pour corriger ces soucis constants de congestion ".

Et le réseau de transport en commun se développe, se bonifie, se ramifie. Mais cette évolution demande de nombreux aménagements et de la patience pour des citoyens, des commerçants qui ne voient pas toujours l'opportunité ou la finalité derrière tous ces travaux: "Ça prend vraiment beaucoup plus de temps en tram ou en bus pour circuler dans la commune mais aussi pour en sortir, défend Florence, sans permis, qui se rend toujours dans le centre de Bruxelles en tram. Les correspondances sont mal pensées, il faut marcher d'un site à l'autre, parfois pendant un quart d'heure... Pour la première fois, depuis que j'habite ici, j'ai réellement envie de passer mon permis de conduire".

Pas prêts à lâcher leur bagnole

Côté commerces, le sentiment est partagé. La situation les affecte directement et ils se demandent à quoi bon chasser les voitures de la commune sans aucune alternative viable: "C'est très bien de développer les pistes cyclables, de favoriser les vélos, tempête Stéphan, le président des commerçants de Uccle-centre. Mais pendant qu'on installe des horodateurs chers et compliqués, qu'on supprime les places de parking et qu'on subit tous ces travaux, nos clients, eux roulent toujours en voiture... Et ils nous le disent clairement, ils préfèrent aller ailleurs".

Les habitants se plaignent de leur situation. Le manque de transports en commun les accable mais les travaux nécessaires pour corriger ce manque les révoltent. Les horodateurs rendent fous les commerçants alors qu'ils destinés au départ à faire partir de la zone les véhicules qui prennent la place des autres chalands. Les embouteillages les fatiguent mais ils ne veulent absolument pas se passer de leur voiture. Finalement, cela a toujours été pareil, partout et de tout temps.

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