Noël confiné : la fête, malgré tout, à l'hôpital psychiatrique du Beau Vallon (Namur)

Noël confiné : la fête, malgré tout, à l'hôpital psychiatrique du Beau-Vallon (Namur)
Noël confiné : la fête, malgré tout, à l'hôpital psychiatrique du Beau-Vallon (Namur) - © Tous droits réservés

Privés de grands rassemblements familiaux au même titre que l’ensemble de la population, les patients des hôpitaux psychiatriques seront cette année plus nombreux à passer le Réveillon de Noël au sein même des institutions où ils sont soignés. "Très clairement, les patients et les patientes n'auront pas la possibilité comme chaque année de rentrer en famille pour ces périodes de fêtes, pour eux aussi cela devrait être un moment de retrouvailles mais qui n'est pas permis pour des raisons sanitaires, et ces personnes se retrouvent encore plus isolées, ici, à l'hôpital" explique Benoit Delatte, psychiatre et directeur médical du Beau Vallon à Namur, "Mais on se chargera de mettre en place tous les signaux de Noël, le repas et les décorations, par exemple, tout ça dans l'atmosphère la plus festive possible et en maintenant les soins".

Arrivée dans cet établissement il y a quelques semaines, Eléonore s'apprête donc à y passer le Réveillon avec d'autres patients et membres du personnel plutôt qu'avec ses proches : "C'est la période de l'année que je préfère, mais quel que soit l'endroit où je la passe, quelles que soient les circonstances dans lesquelles la fête se déroule, je pense qu'elle peut être de toute façon enjouée".

Car pas de doute, selon elle, l'envie de faire la fête et de célébrer Noël prendra le dessus sur le difficile contexte épidémiologique et les restrictions en vigueur : "Je pense que le 24 au soir, il va y avoir pas mal de 'déconnades' et de délires, dans le respect des règles de l'hôpital, évidemment. Il faut dire que les adolescents savent mettre l'ambiance dans le service ! Les plus gourmands vont être contents de manger, les plus précieuses vont être contentes d'être en jolies robes, il y a déjà beaucoup de joie qui se dégage. On dit souvent 'plus on est de fous plus on rit', je pense que l'expression est plutôt bien choisie, ici !" s'exclame t-elle dans un éclat de rire malicieux. 

Festoyer pour soigner

Au delà d'une simple occasion de festoyer, ce Noël à l'hôpital constitue un véritable soin à part entière pour ces malades déjà très affectés par les mois de confinement et l'éloignement social : "Oui, tout à fait, nous considérons que fêter Noël fait partie des soins" explique Benoit Delatte, "Parce que c'est justement l'occasion de tisser un lien, c'est une fête qui nous incite à entrer en relation avec l'autre ce qui est justement un problème quand il s'agit de santé mentale, où souvent les personnes sont en rupture de liens. Et donc, insérer la thématique de Noël et cette dimension de fête vis-à-vis des soins, c'est extrêmement important". 

Bien sûr, tous les patients ne prennent pas la situation aussi bien qu'Eléonore, mais elle l'assure, la solidarité jouera entre eux : "Je pense que l'entraide va jouer, on va essayer de porter sur le plan émotionnel ceux qui auraient voulu être près de leurs familles", affirme t-elle avant d'adresser un message d'espérance : "Je souhaite à toutes les personnes qui sont seules chez elles de passer de bonnes fêtes, dans ces circonstances actuelles que nous devons subir, il faut essayer de regarder les choses de manière positive".

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