NLMK Clabecq: sans doute aucune lueur d'espoir avant mardi

Le conflit social pourrait durer chez NLMK-Clabecq. Ce vendredi soir, les activités de l’usine sidérurgique sont toujours à l’arrêt.  "Les travailleurs maintiennent les piquets de grève et rien ne devrait bouger avant lundi, voir mardi ", assure Pascal Strube, secrétaire permanent Setca. " En principe, direction et syndicats doivent se voir mardi à 13h30 pour le prochain conseil d’entreprise. Nous voulons que la réunion se tienne sur le site de l’entreprise. J’ignore si la direction acceptera de nous voir sur le site. Nous ne souhaitons pas une réunion ailleurs. En tout cas, si la direction ne supprime pas les points imbuvables du plan industriel, nous refuserons de négocier. La direction devra prendre ses responsabilités. Nous mènerons la grève au finish, car ce plan est inhumain. Les responsables doivent oser affronter le personnel pour présenter ce plan. C’est trop facile d’envoyer les syndicats détailler ce plan à la base. Cette situation est inédite en Belgique".

 

Piqûre de rappel

Pour rappel, ce jeudi, les syndicats n’ont pas digéré plusieurs points du plan industriel. Outre la confirmation de la suppression de 290 emplois (la moitié des effectifs), le texte prévoit des changements qui feront l’effet d’une "bombe". Selon les 3 syndicats, "la direction veut économiser 20 millions d’euros en supprimant des pans entiers de production, en sous-traitant plusieurs services, en imposant une flexibilité et une polyvalence maximale et en automatisant certaines tâches ".

Pour les syndicats, les efforts à consentir sont inacceptables. Les travailleurs maintenus sur le site subiront un plan d’économies dépassant les 3,5 millions d’euros. Les efforts porteront sur les points suivants : "révision des primes, gel de l’indexation des salaires pendant 3 ans, gel de l’application des AIP pendant 4 ans, nouvelles règles sur les heures supplémentaires, plan d’action sur l’absentéisme,… ". Pour Pascal Strube, ces mesures sont tellement imbuvables qu’elles font penser à une stratégie de fermeture programmée du site. " C’est à croire qu’ils veulent pousser les gens à bout, pour ensuite fermer le site, en faisant porter le chapeau aux syndicats".

 

No comment ministériel  

Directement visé dans le communiqué de presse du front commun syndical, le ministre wallon de l’emploi, de l’économie et de l’industrie, Pierre-Yves Jeholet, n’a pas souhaité faire de commentaires. Hier, les syndicats l’avaient épinglé en début de communiqué : " Bombe sociale à NLMK Clabecq. Avec l’aval du ministre Jeholet, la direction enflamme l’usine de Clabecq avec la présentation de leur plan industriel". Le ton est donné. "On s’interroge sur l’attitude de la Sogepa (bras financier de la Région wallonne) ", affirme Philippe Genin, secrétaire permanent FGTB. Si la direction maintient ce plan, il est possible que les travailleurs mènent des actions plus dures. Je n’ai jamais vu un tel plan industriel. C’est choquant !" Même son de cloche à la CSC. "De toute ma carrière, je n’ai jamais rien vu de pareil ", nous avait déclaré Lahoucine Ourhribel, secrétaire permanent Metea.

Quant à l’idée d’une intervention d’un médiateur ou d’un conciliateur social, " il est encore trop tôt pour l’envisager ", souligne Pascal Strube. "Nous devrons aussi voir si le protocole d’accord relatif à l’intervention d’un bureau d’expertise indépendant est respecté. Le texte a été signé. La direction a 4 semaines pour avancer. Mais vu sa méthode de travail, nous commençons aussi à douter ".

Direction sous pression  

La direction reconnaît que la réunion de ce jeudi s’est terminée de manière tendue. Mais elle encourage "la poursuite d’un dialogue constructif". Elle justifie ses mesures par des changements profonds indispensables pour redonner un avenir à l’usine et assurer la rétention de 50% des emplois ".

A ce stade, chacun campe sur ses positions. Et on voit mal comment la hache de guerre pourra être enterrée.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK