Nivelles : une trentaine de vieux peupliers du Parc de la Dodaine condamnés à cause d'un champignon parasite

Nivelles:une trentaine de peupliers du Parc de La Dodaine condamnés à cause d'un champignon parasite
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Nivelles:une trentaine de peupliers du Parc de La Dodaine condamnés à cause d'un champignon parasite - © Tous droits réservés

Les promeneurs du Parc de la Dodaine, à Nivelles, l’auront certainement remarqué.
Depuis quelques jours, des barrières Nadar interdisent l’accès au pourtour du petit étang. En cause : un risque important de chute d’arbres ! Une trentaine de vieux peupliers (d’une hauteur de 25 à 27 m) sont malades et devront être abattus dès la mi-septembre.

Il y a quelques jours, deux d’entre eux ont dû être coupés en urgence, suite au diagnostic sans appel, rendu par des experts : l’intérieur du tronc était littéralement dévoré par un champignon parasite, fragilisant très sérieusement les deux peupliers. Les autres arbres alignés autour du petit étang sont presque tous atteints, de manière moins prononcée. Mais l’effet du parasite, conjugué à la canicule de cet été, ne laisse aucune chance à ces grands arbres âgés de 60 à 75 ans, pour la plupart. D’où la nécessité de les éliminer et de les remplacer, à plus ou moins court terme, par une autre essence.

Diagnostic hi-tech

Cela fait plusieurs années que l’état de santé de ces arbres est surveillé. La Ville travaille avec une société spécialisée pour établir un diagnostic fiable et précis des 1.663 arbres que compte le célèbre parc dont l’aménagement initial remonte à 1811. La Ville de Nivelles est d’ailleurs la première en Belgique à avoir répertorié l’ensemble des arbres situés sur son territoire. Depuis environ 10 ans, l’établissement d’un cadastre précis a permis d’identifier 3.956 arbres, chacun disposant d’une carte d’identité sanitaire.

"Ce répertoire nous a permis de surveiller l’état de santé des arbres au fil du temps", explique Murielle Eyletters, experte médecin des arbres. "Nous connaissons les points faibles des arbres. Nous en faisons d’abord une analyse visuelle (les indices étant les branches mortes, les cavités,…). Mais il n’est pas toujours possible d’identifier certaines maladies". D’où l’intérêt d’établir un diagnostic par tomographie, sorte de scanner permettant d’obtenir l’image de l’intérieur du tronc. "On va placer une ceinture autour de la base du tronc. Cette ceinture comporte des sondes. En envoyant un son, la centrale informatisée va mesurer la vitesse de propagation du son dans le bois. Quand le bois est dégradé par un parasite, comme un champignon, la vitesse de propagation du son est complètement différente d’un bois sain. L’appareil analyse les données et fournit une image colorée représentant la structure du tronc et donc, son état de santé".

Vers une gestion globale du parc

Par sécurité, la Ville a donc décidé d’éliminer la totalité de la première couronne d’arbres entourant le petit étang. Les souches, sources de contamination potentielle, seront éliminées. L’abattage, l’enlèvement de l’arbre et de sa souche coûteront de 1.000 à 1.500 euros par peuplier. D’autres analyses seront effectuées ultérieurement dans le reste du site. "L’objectif, c’est de sécuriser le parc pour les promeneurs", explique le bourgmestre, Pierre Huart. "Mais nous voulons aussi évoluer vers une gestion globale et dynamique des espaces verts".

L’ensemble du domaine bénéficiera donc d’un plan de gestion globale, incluant les aspects environnementaux, esthétiques et de circulation piétonne. "Le parc étant classé, il faudra d’abord tenir compte de l’avis de la Commission des Monuments et Sites, avant de replanter les arbres de remplacement", souligne Pascal Rigot, échevin du développement durable. "Notre objectif, c’est de pouvoir concrétiser cela avant la fin de l’hiver 2021-2022".

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