Nivelles : un ancien village du 8e siècle fait l'objet de fouilles archéologiques

Nivelles: un ancien village du 8e siècle fait l'objet de fouilles archéologiques
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Nivelles: un ancien village du 8e siècle fait l'objet de fouilles archéologiques - © Rtbf

Ce sont les vestiges d’un ancien village remontant au 8e siècle de notre ère. Ils font l’objet de nouvelles fouilles archéologiques menées dans le centre-ville, à 500 mètres de la Collégiale de Nivelles.

Depuis le mois d’août dernier, et jusqu’à la fin du mois de février 2020, une équipe d’archéologues investigue le site du Fief de Rognon, un terrain d’environ 3 hectares qui accueillera bientôt de nouveaux logements. Et en attendant le début du chantier, chaque jour, trois archéologues et quatre opérateurs creusent minutieusement la terre par tous les temps. Un travail délicat et minutieux, sur les traces du passé nivellois.

Un peu de préhistoire

A l’origine, cette zone était déjà occupée au mésolithique, la période de la préhistoire entre le paléolithique et le néolithique. Une partie de l’âge de la pierre, pour faire simple. "Il y avait une présence humaine à cet endroit, mais pas d’habitations", précise Véronique Danèse, archéologue à l’Awap, l’Agence wallonne du Patrimoine. "Des céramiques de la période romaine ont été trouvées sur le site. Mais pour la période romaine, toujours pas de traces d’habitations. L’habitat s’est développé plus tard sur ce terrain".

Village médiéval

Les traces d’habitations remontent aux 8e et 9e siècles (après J-C). "Nous sommes sur un ancien village", explique Véronique Danèse. "Il y avait des cabanes, des silos, des greniers, des fonds-de-cabanes (pour l’artisanat) et un enclos palissadé. Ces habitations étaient présentes jusqu’au 12e siècle. Avec aussi des parcelles agricoles. Puis, il y a eu un hiatus, un abandon de la zone. Au 15e siècle, de nouveaux habitants ont occupé le terrain".

Le Fief de Grognon avait déjà fait l’objet de fouilles il y a quelques années. Les recherches ont progressé par phases. L’opération archéologique préventive, précédant les chantiers, s’étale donc sur plusieurs années.

Céramiques et autres vestiges

Le site comporte bon nombre de restes de céramiques. "Il s’agit surtout de céramiques pour la cuisson, l’alimentation et le stockage", souligne Véronique Danèse. "Vous allez aussi trouver des objets métalliques plutôt liés à l’agriculture et à l’élevage". Parmi les autres vestiges mis au jour : un four à briques et des objets en alliage cuivreux, des fosses, des trous de poteaux pour la structure des bâtiments, des palissades, des maçonneries, des tessons de faïence et des fonds-de-cabanes.

"Deux sépultures ont aussi été retrouvées", précise l’archéologue. "Elles étaient côte à côte, isolées. "Cela nous a vraiment surpris. Car nous sommes vraiment à la porte du village. Nous nous attendions plutôt à trouver une toute petite nécropole légèrement éloignée de la zone d’habitat".

Repères et analyses

Les objets prélevés sur le terrain sont analysés en laboratoire. "Tous les objets sont étudiés. Cela peut être de la céramique, ce qui est d’ailleurs, en général, le plus intéressant au niveau datation", explique Corentin Massart, archéologue à l’asbl Recherche et Prospection archéologiques en Wallonie. "Cela peut être aussi des objets en métal, en cuivre ou en fer. Mais cela peut être également des charbons de bois, très utiles pour permettre les datations. On peut encore trouver des pierres taillées, comme des ardoises".

Alors que des opérateurs grattent délicatement le sol, les pieds dans la boue, une jeune archéologue effectue des relevés précis. "Tous les faits du terrain, c’est-à-dire les structures qu’on identifie, sont relevés. Je fais d’abord un dessin sur papier. Cela peut paraître désuet à l’heure du numérique. Mais par la suite, ces données feront l’objet d’un traitement informatique. Cela nous permettra de comprendre l’ensemble du site". Un site qui, dans ce cas-ci, n’est pas photographié par un drone, une technique utilisée lors d’autres fouilles.

Vestiges cachés

A terme, les archéologues espèrent poursuivre leurs recherches en bordure du site actuel, où d’autres vestiges pourraient être découverts. Notamment sous le cimetière actuel. Un lieu qui ne pourra être investigué qu’en cas de réaménagement. D’après les archéologues, une partie de l’ancien village se situerait au niveau du cimetière, plus de 2 mètres sous le niveau du sol, bien en dessous des sépultures. Et ils sont persuadés qu’il y a encore beaucoup de vestiges à découvrir.
 

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