Nivelles: permis accordé en recours pour quatre éoliennes près de l'E19

Feu vert pour les quatre mâts qui devraient sortir de terre à proximité de l'autoroute
Feu vert pour les quatre mâts qui devraient sortir de terre à proximité de l'autoroute - © Vincent Fifi

Sauf action des opposants devant le Conseil d’Etat, quatre éoliennes devraient sortir de terre prochainement sur le territoire de Nivelles. Saisi d’un recours introduit par le promoteur éolien Ventis (Tournai) et par la ville de Nivelles, le ministre wallon de l’Aménagement du territoire, Carlo Di Antonio, vient en effet d’octroyer un permis unique pour un petit parc éolien envisagé le long de l’autoroute E19, à Nivelles Sud.

Le projet est soutenu depuis le début par le collège communal: dans sa déclaration de politique générale, la majorité MR-cdH-Ecolo en place à Nivelles souhaitait l’implantation d’éoliennes en terre aclote, à condition qu’il y ait une participation des pouvoirs publics et des citoyens dans le projet. Et Ventis s’est montré ouvert à cette possibilité: 30% des parts peuvent être prises par la Ville, l’intercommunale du Brabant wallon ou des coopératives citoyennes.

Le projet consistant à ériger quatre éoliennes le long de l’autoroute, réduisant ainsi les nuisances, correspondait en plus à la ligne de conduite définie par le gouvernement wallon. Le permis sollicité par Ventis avait cependant été refusé par les fonctionnaires technique et délégué, en octobre dernier.

L'extension de l’échangeur entre la E19 et la A54, un projet "hypothétique"

Ceux-ci s’étaient basés sur un courrier de la Direction des routes et autoroutes, qui considérait que deux des mâts étaient trop proches des voiries existantes. Et surtout, que le petit parc éolien envisagé mettait à mal un projet d’extension de l’échangeur entre la E19 et la A54. Un motif suffisant pour refuser le permis unique, mais qui avait étonné du côté du collège communal: jamais la ville de Nivelles n’avait eu vent d’un tel projet…

D’où le recours auprès du ministre Di Antonio, la Ville appuyant le promoteur éolien pour l’obtention du permis unique. Dans l’arrêté qu’il vient de rendre, le ministre fait un sort à cette extension d’échangeur: il estime qu’il s’agit d’un projet "purement hypothétique". Et donne donc son feu vert à l’installation des quatre moulins.

Avec certaines conditions tout de même. Ainsi, la zone s’avérant riches en chauves-souris, les pales devront rester à l’arrêt la nuit à certaines périodes de l’année lorsqu’il y aura peu de vent, que la température sera douce et qu’il ne pleuvra pas.

De même, l’arrêté du ministre octroyant le permis entérine une charge d’urbanisme un peu particulière, imposée par la Ville de Nivelles : Ventis pourra ériger ses quatre éoliennes à condition d’aménager à ses frais une piste cyclable sur le chemin de Fontaine-l’Evêque, jusqu’au rond-point du contournement de Nivelles.

"Cela permettra d’améliorer notre réseau cyclable", indique l’échevin nivellois du développement durable, Pascal Rigot (Ecolo). "Le promoteur était étonné qu’on lui impose une telle charge d’urbanisme mais nous lui avons expliqué que c’est l’habitude à Nivelles, et il l’a acceptée. Pour moi, construire des éoliennes et favoriser la pratique du vélo, il y a une certaine cohérence en matière de développement durable. "

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