Nivelles : la maman de Clément Druet dénonce des erreurs de la justice

La maman de Clément Druet espère que la justice sanctionnera la conductrice, qui avait bu lors de l'accident.
La maman de Clément Druet espère que la justice sanctionnera la conductrice, qui avait bu lors de l'accident. - © Flickr – mikecogh

Clément Druet, cet adolescent de 18 ans, a été fauché en 2009 par une automobiliste qui avait bu, positive avec 1,23 gramme d'alcool par litre de sang. La conductrice ne s'était pas arrêtée lors de l'accident et s'était rendue à la police 1h30 plus tard.

Dans un premier temps, la justice avait condamné la conductrice avec une simple amende de 135 euros. Mais la famille de Clément Druet avait décidé d’aller en appel. L’audience avait lieu hier et n’a pas du tout rapproché les différents points de vue.

Les parents de Clément Druet attendaient en effet beaucoup de cette audience à Nivelles :

"Je ne veux pas concevoir que la loi ne prévoit pas des sanctions très lourdes quand il y a homicide et quand il y a un accident aggravé par la circonstance de l’alcoolémie. En même temps, dans la pratique, que ces conducteurs ne soient jamais sanctionnés, ne soient jamais inquiétés et finalement continuent de boire et de faire la fête, je ne veux pas concevoir ça, dans un état de droit et dans une égalité de traitement pour tous face à la loi. Je réclame avant tout que la responsabilité de cette conductrice soit établie et qu’elle soit sanctionnée conformément à la loi." précise la maman de la victime.

Mais pour l'accusation, la mort de Clément Druet n'aurait pas dû faire l'objet d'un procès pénal, car la conductrice n’a rien à se reprocher. Si cette dernière avait certes trop bu ce soir-là, cela n'aurait joué aucun rôle dans l'accident qui est dû à la position des piétons et à la faiblesse de l'éclairage, a répété la substitut Wéry.

Clément Druet rentrait en effet d'une soirée avec trois copains vers 1h30 du matin. La conductrice aurait aperçu trop tard Clément qui circulait en tête du groupe.

Pour la mère de la victime, cela ne correspond pas à la réalité du dossier :

"L’expert a organisé la reconstitution face à un poteau allumé dans une zone éclairée. Et donc quand j’entends de la part du procureur et de l’avocat averse qu’il y avait une zone d’ombre, non c’est du mensonge."

En outre, la famille de Clément dénonce également des erreurs et approximations dans la procédure judiciaire, comme un rapport de police arrivé seulement cinq jours après les faits, un magistrat qui habite le même village que la prévenue et des proximités suspectes sur les réseaux sociaux. Tout cela entretient la suspicion. Du côté des parties civiles la confiance est rompue. Le jugement sera rendu le 12 février prochain.

Nicolas Franchomme, Patrick Michalle

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