Nivelles dit garder la maîtrise de son développement immobilier

La ville veut privilégier les projets de reconversion d'anciennes friches industrielles, comme la Brasserie Duvieusart, dernièrement transformée en appartements
La ville veut privilégier les projets de reconversion d'anciennes friches industrielles, comme la Brasserie Duvieusart, dernièrement transformée en appartements - © S. Vandreck

Les projets immobiliers se multiplient depuis plusieurs années à Nivelles. Et ce n'est pas près de s'arrêter. Pas plus tard que ce mercredi a été publié l'avis d'enquête publique pour un projet prévoyant 310 logements à l'Îlot St Roch, en plein centre-ville. C'est loin d'être un projet isolé. Face à cette surenchère de chiffres, la ville a voulu les remettre dans leur contexte. Oui les projets sont nombreux : d'ici cinq à dix ans, Nivelles pourrait compter quelques 1800 logements en plus, et même le double à plus long terme, principalement des appartements. Mais, le Collège l'a rappelé, tous les projets immobiliers qui passent entre ses mains actuellement ne recevront pas forcément un feu vert. Certains ne sont d'ailleurs encore qu'au stade d'ébauche. Est-ce beaucoup pour une ville comme Nivelles, qui compte aujourd'hui un peu moins de 29.000 habitants? L'échevin du développement durable Pascal Rigot tempère : "Quand on croise les prévisions démographiques de l'IWEPS avec la croissance démographique actuelle, on voit que ce sont des chiffres tout à fait réalistes. Au-delà de ça, on voit que la ville de Nivelles prévoit ces constructions de logements et surtout veut contrôler cette augmentation de logements". La population nivelloise augmente en moyenne de 0,5 % chaque année, ce qui est comparable à l'évolution que connaît le Brabant wallon. Et les ménages nivellois se composent en majeure partie d'une seule ou de deux personnes. 

Débarrasser la ville de ses "dents cariées"

Cela veut-il dire que la ville va encore s'étendre? Ces projets immobiliers vont-ils grignoter davantage de terres agricoles? Si l'on regarde les projets à l'étude ou finalisés d'un peu plus près, on constate, c'est qu'ils se situent quasiment tous en centre-ville ou dans sa proche périphérie. La plupart prennent place sur d'anciens sites industriels (site Lazer, brasserie Duvieusart, usines Chantrenne...) ou en tout cas désaffectés (ancienne gendarmerie, église du St Sépulchre, bâtiment Belgacom…). Il reste donc de place. "Nous sommes en demande de tels projets, parce que Nivelles a un passé industriel qui a laissé de nombreuses "dents cariées", des espaces abandonnés et des sites pollués, souligne le bourgmestre Pierre Huart. Si on ne veut pas les transmettre tels quels à nos successeurs, il est donc important d'y avoir des projets. Il y a pas mal de sites et aujourd'hui tous ont un projet à l'étude. On est donc en train de reconstruire la ville, là où elle avait été quelque part abandonnée". L'idée est donc de revaloriser ces friches, mais aussi de préserver la ceinture verte et les terres agricoles, en évitant de générer de des problèmes de mobilité supplémentaires avec de nouveaux quartiers à l'extérieur de la ville. "Nivelles mérite une autre urbanisation que des villas quatre façades. C'est dépassé!", martèlent les membres du Collège. Ce denier a d'ailleurs "gelé" les fameuses ZACC, zones d'aménagement communal concerté, dans sa déclaration de politique générale, pour tenter de stopper l'étalement urbain.

Mobilité, services et espaces verts

L'autre gros enjeu pour la ville sera de maintenir la qualité de vie dans le centre, malgré une plus grande densité de logements. Elle devra repenser la mobilité : les parkings, les accès aux transports en commun, les pistes cyclables. "Si on fait deux kilomètres à partir de la grand-place, on est en dehors de la ville. Et deux kilomètres à vélo, c'est vite fait", insiste l'échevin du développement durable. Un accent sera mis aussi sur les espaces verts et la végétalisation. Il faudra également proposer aux nouveaux habitants les services dont ils auront besoin. La ville dit réfléchir à tous ces aspects avec les promoteurs immobiliers. "Au cours de la mandature précédente, quasiment tous les projets de crèches ont par exemple été réalisés grâce aux nouveaux projets immobiliers, rappelle Pierre Huart. C'est une charge d'urbanisme que nous avons imposée aux projets les plus importants". Concrètement les promoteurs financent eux-mêmes ces infrastructures destinées à la collectivité, à raison de vingt euros par mètre carré construit. Nivelles n'est évidemment pas la seule commune du Brabant wallon à miser sur l'immobilier et l'arrivée de nouveaux habitants. Il faut dire que l'enjeu financier est de taille : l'arrivée de nouveaux contribuables. "On regarde, c'est vrai, ce qui se passe ailleurs, reconnaît le bourgmestre. Mais plutôt que de se faire concurrence, on essaie plutôt de développer nos spécificités".

 

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