Néchin: les riverains ne veulent pas d'un centre fermé pour handicapés

Le projet de maison d’accueil spécialisée pour handicapés à Néchin.
Le projet de maison d’accueil spécialisée pour handicapés à Néchin. - © C. Debue

Mardi soir, les riverains de la rue Reine Astrid sont venus exprimer leur opposition au projet de MAS (Maison d’accueil spécialisée) pour handicapés qui ne cadre pas, estiment-ils, avec la ruralité du village. Ils étaient une bonne cinquantaine à s'être mobilisés. Le promoteur, de son côté, a tenté d'expliquer et de vendre son projet.

Le 19 février dernier se clôturait l’enquête publique. Vu le nombre de réclamations, la commune devait dans les 10 jours organiser une réunion de concertation. Mardi soir, cinq habitants de la rue Reine Astrid y étaient conviés pour s’exprimer, mais ce sont finalement près de 50 personnes qui ont forcé la porte.

La réunion de concertation est vite devenue une réunion d’information vu le manque de communication que déploraient les riverains : "Ils sont venus planter un dimanche matin, en contrebas, le panneau pour l’enquête publique. Nous avons reçu seulement ce lundi l’invitation pour la réunion. Nous n’avons pas vraiment eu le temps de nous retourner mais nous nous sommes mobilisés". Et d’autres personnes d’ajouter:"Les gens ne veulent pas de ce projet (…) Ma fille travaille en milieu psychiatrique et ce n’est pas joli tous les jours. On peut les retrouver n’importe quand dans notre jardin ! En France, on n’en veut plus. Ce sont des laissés pour compte et nous devrions les accepter ?’’

Les Néchinois craignent pour leur tranquillité et se demandent pourquoi un tel projet, qui n’aboutit pas en France, devrait se retrouver chez eux : "C’est un projet business. On nous fait de beaux discours sur leur handicap mais ne sont-ils pas en train de se faire de l’argent sur leur dos ?’’

En tout cas, les promoteurs y croient. "Il s’agit d’une Mas, une Maison d’accueil spécialisée pour handicapés, déclare Philippe Jacob (docteur en médecine nous présente le projet). Nous avons déjà l’agrément de l’AWIPH (Agence Wallonne pour l’Intégration de la Personne Handicapée) côté belge et de l’ARS (Agence Régionale de Santé) côté français. 75 résidents français et belges pourront occuper ce centre fermé, qui accueillera des personnes à mobilité réduite, des autistes mais également des patients atteints du syndrome de Korsakoff ( des troubles neurologiques suite à des excès d’alcool)."

Pour ce promoteur, ce projet privé a sa place en Belgique : "En France, les listes d’attentes sont énormes, il n’y a plus de place pour ce genre de projet ! A ce stade, le bourgmestre est d’accord car cela amènera de l’embauche, entre 40 et 50 emplois. A compétition égale, nous choisirons les personnes de l’entité", affirme encore Philippe Jacob. Ce mercredi soir, la réunion de concertation avec cinq représentants est cette fois prévue à 19h00. Le collège, lui, a jusqu’au 28 mars pour rendre son avis.

Catherine Debue

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