Ne l'appelez plus congé de carnaval : les écoliers ne seront plus en vacances le Mardi-Gras, Binche s'inquiète

Ne l'appelez plus jamais "congé de carnaval", la Fédé l'a laissé tomber...

Leur dénomination officielle était déjà "congés de détente", mais tout le monde continuait à les appeler "congés de carnaval". Le hic, c’est qu’avec la réforme des rythmes scolaires attendue en fédération Wallonie-Bruxelles dès 2022, ces congés scolaires ne correspondront effectivement plus du tout aux "Jours Gras", et ce au grand dam de Cité comme Binche, où la santé économique de certains acteurs dépend grandement de l’affluence carnavalesque…

Mercredi, le gouvernement de la FWB s’est accordé sur une réforme des rythmes scolaires sur base annuelle. Dès 2022, les vacances d’été de la maternelle jusqu’en fin de secondaires seront raccourcies, tandis que les congés de Toussaint et Carnaval seront doublés. Mais ce n’est pas le seul changement : les dates des congés dits de "détente" (anciennement de carnaval) et "de printemps" (anciennement de Pâques) ne seront plus fixées en fonction de la date des fêtes religieuses (et donc du cycle lunaire), comme c’était le cas jusqu’ici, mais selon un rythme de 7 semaines de cours et 2 semaines de vacances.

Des dates de fête mouvantes, des rythmes fixes

Or, la date de Pâques, elle, restera mouvante : c’est le premier dimanche qui suit la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps. Conséquence : la date du Mardi-Gras, fixée 47 jours avant Pâques, sera elle aussi mouvante, et ne correspondra plus nécessairement à une période de congé scolaire. Une petite catastrophe dans des régions où le carnaval est à la fois une religion et un moteur économique, comme à Binche.

Or, le calendrier des prochaines années est connu : en 2023, 2024, 2026, 2027, le Mardi-Gras "tombera" bien hors congés.


Lire aussi : Calendrier scolaire : quelles seront les dates de rentrée et des vacances jusqu’en 2032 ?


D’autres carnavals sont aussi concernés, mais celui de Binche a de particulier que le jour "roi", le seul où le Gille enfile son habit traditionnel, c’est le mardi. Et c’est donc aussi très largement le jour où la cité hainuyère reçoit le plus de visiteurs.

Comme le relève le président de l’Association de Défense du Folklore dans la Nouvelle Gazette, la participation des élèves de l’entité (qui constituent à Binche de véritables sociétés folkloriques) devrait pouvoir être autorisée via un congé exceptionnel. Mais la grosse crainte dans l’entité, c’est parmi l’Horeca pour qui les Jours Gras représentent parfois un tiers du chiffre d’affaires annuel. Si les Binchois solliciteront des jours de congé pour fêter "leur" carnaval, qu’en sera-t-il des autres Wallons et Bruxellois ? (Rappelons que la réforme et donc les changements ne concernent pas la Flandre).

Une perte de 30 à 50%

"J’estime la perte à 30 à 50% du chiffre d’affaires si le carnaval est hors congé scolaire, confie Jérome Urbain, patron du "Parapluie National", sur la Grand’Place de Binche, au cœur de la fête, et promoteur du "Gin de Binche". Je n’ai aucun jugement sur le bien-fondé ou pas de la mesure sur les rythmes de l’enfant, ce n n’est pas mon job, mais par contre il est clair que c’est le carnaval et sa période qui font tenir pas mal d’établissements à Binche".

Outre la baisse du nombre de touristes, le Binchois craint l’effet sur le Lundi-Gras, qui est traditionnellement "le jour des jeunesses": "Ajouté à la crise corona qui nous a tous lourdement impactés, il est clair que la perspective de ces carnavals hors congés n’est pas très réjouissante".

Côté Collège communal, pas de réaction officielle pour le moment. Il faut dire que le bourgmestre Laurent Devin, PS, est également député wallon, et donc de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et membre de la majorité qui a décidé de cette réforme. Mais on peut imaginer qu’on cherche des solutions à cette épine folklorique mais aussi économique dans le pied des Binchois…

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