Natation synchronisée: une première équipe masculine en formation à Bruxelles

Quand les hommes s'intéressent à la natation synchronisée: "c'est loin d'être un sport de fillette!"
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Quand les hommes s'intéressent à la natation synchronisée: "c'est loin d'être un sport de fillette!" - © Tous droits réservés

L'année dernière, le film "le Grand Bain" avait tourné les projecteurs sur ce sport assez discret: la natation synchronisée. Il mettait en scène des hommes, cabossés par la vie, qui s'y essayaient. De la fiction à la réalité. Parce qu'effet "Grand Bain" ou pas, les choses sont petit à petit en train de changer. A la piscine Triton d'Evere en région bruxelloise, la première équipe belge d'hommes commence à s'entraîner. 

De la souplesse, du rythme et de la condition physique 

Sur le bord de la piscine, Erell Filloque, entraîneure en natation synchronisée, corrige les mouvements de ses nouveaux inscrits: "Les coudes pliés, Enzo! Ce sont les mains qui tournent ! ". Dans l'eau, ils sont cinq à se maintenir à flot en moulinant des mains. C'est ce que l'on appelle les godilles, la base en natation synchronisée: "Si on a des bonnes godilles, on va aller de plus en plus vite, de plus en plus fort, c'est la base", explique Erell. "C'est ce qui va permettre de mettre une jambe en l'air et ne pas couler!".

Des exercices compliqués pour les débutants, si l'on en croit Erwan: "c'est assez physique, assez cardio, donc c'est assez violent!". Mathieu admet lui "qu'il souffre mais que c'est bon. C'est loin d'être un sport de fillette"! "C'est très difficile, c'est très physique", détaille la coach Erell Filloque, d'ailleurs, c'est ce qui revient après les premiers essais en général: 'je ne sais pas si je vais y arriver'. Mais voilà, avec de l'entraînement et de la volonté, on peut y arriver. C'est un sport qui demande de la souplesse, qui demande du rythme, de la condition physique, un contrôle de la respiration et un effort d'apnée". 

Bousculer les clichés 

Un sport complet, un sport d'équipe. C'est ce qui a convaincu les premiers inscrits: "J'aime beaucoup nager. Mais ça me paraît absurde de nager pour nager, faire des longueurs. Et là, avoir un entraînement avec comme finalité de faire une création artistique, une présentation, ça a beaucoup plus de sens, c'est plus motivant". Dans l'équipe aussi, un papa marche dans les pas de sa fille: "Elle a commencé il y a un an et elle en est très heureuse. Moi, je voulais me remettre au sport et je le voulais aquatique, d'équipe mais pas suivre simplement quelqu'un dans une ligne, mais batailler pour cette ligne!" 

Ici, il n'est pas encore question de compétition:Pour le moment, on n'a pas d'attente particulière", confie Erell Filloque. "Le but, c'est qu'ils découvrent le sport, qu'ils voient si ça leur plait. Si on se lance dans la compétition, il faut être régulier. Et ce sport a un avantage, c'est que l'on peut le pratiquer en équipe ou à deux". A noter qu'il n'existe pas encore de compétitions masculines en Belgique, mais les hommes peuvent affronter les équipes de femmes. 

 

Tout le monde devrait avoir le droit de faire le sport qu'il veut

Jusqu'ici, il y a 8 inscrits, mais l'équipe peut s'agrandir. La coach a déployé beaucoup d'énergie pour trouver ses nouvelles recrues. Erell Filloque a organisé des initiations cet été. "Pour moi, tout le monde devrait avoir le droit de faire le sport qu'il veut. Je ne sais pas s'il y a eu un effet 'Grand Bain'. Peut-être que oui, que les gens se sont dit qu'ils avaient le droit, eux aussi !" 

Du côté des nageurs, on n'a pas forcément vu le film. On se dit que cela vaut de toutes façons la peine de bousculer les clichés: "Les tendances changent! Et quand on est dedans, on ne fait pas attention à ça. C'est un sport comme les autres, tout simplement", explique Enzo. "Plus j'ai de railleries et plus cela me motive, vraiment!", rigole Mathieu.  

La natation synchronisée vous intéresse? Toutes les infos sont sur le site du Brussels Aquatic Synchro Swimming. 

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