Nanocyl, fleuron technologique wallon, n'est toujours pas rentable quinze ans après sa création

Nanocyl, fleuron technologique wallon, n'est toujours pas rentable quinze ans après sa création
Nanocyl, fleuron technologique wallon, n'est toujours pas rentable quinze ans après sa création - © HANDOUT - BELGAIMAGE

C'est une spin off des universités de Namur et Liège sur laquelle reposent beaucoup de promesses. Depuis quinze ans...

Nanocyl fabrique des nanotubes de carbone, un matériau très sophistiqué (dont le diamètre est 100 000 fois plus petit qu'un cheveu) qui a nécessité des années de recherche scientifique. A son lancement en 2002, l'entreprise était présentée comme un grand espoir de la nouvelle économie wallonne, basée sur l'innovation. "Pionnier sur un marché en voie d'explosion", titrait encore Trends Tendances en 2015.

Mais force est de constater que l'arbre tarde à porter ses fruits. Selon les derniers comptes publiés, en 2015, l'entreprise de Sambreville a accumulé des pertes à hauteur de 30 millions d'euros depuis sa création. Nanocyl perd entre deux et quatre millions d'euros chaque année. Elle s'est même séparée d'une quinzaine de collaborateurs récemment, ramenant l'emploi à 35 personnes. Certains actionnaires de la première heure, Albert Frère notamment, ont quitté le navire. Dans le même temps, certains concurrents, comme Bayer, ont jeté l'éponge, semant le doute dans cette filière innovante.

"Il y a eu trop d'enthousiasme"

L'actuel président du Conseil d'administration, Jean Stephenne, ne nie pas les difficultés : "Il y a eu trop d'enthousiasme au départ; on a sous-estimé la lenteur du développement de nos produits et aussi la difficulté de convaincre les industriels de changer leurs procédures pour intégrer notre technologie."

C'est en 2012, après avoir quitté GSK, que Jean Stephenne, investisseur de la première heure, a vraiment pris les rênes de Nanocyl. L'entreprise a connu alors une période de turbulences : réduction du personnel, changement de CEO et recentrage des objectifs stratégiques. "Nous nous concentrons sur quatre cibles, résume J Stephenne : l'électronique, l'automobile, les batteries et le caoutchouc pour les pneumatiques. Dans les deux premiers secteurs, les ventes augmentent et nous commençons à avoir des clients récurrents, ce qui est très bon signe. Notre chiffre d'affaires va augmenter de plus de 20 % cette année."

Mais Nanocyl sera encore en perte pendant deux ans, prévoit J Stephenne. "Cela ne sert à rien d'annoncer des objectifs que vous ne pouvez pas atteindre. Vous perdez la confiance des investisseurs. Nous visons l'équilibre en 2018". Un équilibre financier que l'ancienne direction avait annoncé à plusieurs reprises, pour 2014 ou 2015.

Prix Nobel de chimie

Le Prix Nobel de chimie a été attribué cet année à trois chercheurs qui ont contribué aux connaissances théoriques dans le domaine des nanotechnologies, des recherches qui remontent à près de 30 ans. Cet écart montre à quel point il faut être patient pour passer de la recherche fondamentale aux applications techniques et industrielles. Les premiers managers de Nanocyl l'avaient sans doute un peu perdu de vue.

 

 

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